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Des soldats loyalistes à un checkpoint dans la banlieue de Mogadiscio. REUTERS/Feisal Omar
Des soldats loyalistes à un checkpoint dans la banlieue de Mogadiscio. REUTERS/Feisal Omar

Comment les Shebab se sont enrichis sur le dos des ONG

Le groupe islamiste a rançonné des associations qui luttaient contre la famine en Somalie en 2011.

La décision prise par Médecins sans frontières (MSF) de quitter la Somalie, à l’été 2013, avait mis à jour les risques encourus par les organisations humanitaires présentes dans cet Etat de la Corne de l’Afrique. Le rapport que viennent de publier l'Overseas Development Institute (ODI) et le Heritage Institute for Policy Studies (Hips), va plus loin en documentant le système d'extorsion mis en place par les Shebab à l'encontre des acteurs non gouvernementaux lors de la famine qui frappa le pays en 2011.

Pour accéder aux régions contrôlées par le groupe islamiste, les associations acheminant l’aide alimentaire devaient d’abord s’acquitter d’un droit de passage pouvant atteindre 10.000 dollars. Elles devaient ensuite se conformer aux conditions posées par les hommes en armes. Un véritable dilemme du prisonnier.

Le document, qui s’appuie sur plus de 80 témoignages, regrette le manque de coordination des organisations humanitaires et leur tendance à agir en secret. Une discrétion imputable à la législation antiterroriste draconienne qui «crée une culture de la peur et conduit à taire les négociations avec les groupes armés, ce qui empêche d’engager des discussions ouvertes et honnêtes sur le meilleur moyen d’accéder aux zones dangereuse du pays», selon Abdi Aynte, directeur de Hips cité par The Guardian.

Depuis la chute du gouvernement de Siyaad Barre en 1991, la Somalie a connu deux crises alimentaires de grande ampleur, la dernière en date ayant entraîné la mort de près de 260.000 personnes. Selon l’ONG Oxfam International, la famine de 2011 est un triple échec:

«Echec de la production alimentaire, échec de l'accès à la nourriture et, enfin et surtout, échec de la politique des Etats et des bailleurs internationaux.»

Car à l’heure actuelle, l’Etat somalien demeure dépendant de l’aide internationale pour faire face à la menace terroriste et à l’anémie de ses structures administratives. Même si les Shebab ont été repoussés hors de Mogadiscio en 2012, et que leur périmètre d’action est dorénavant limité au sud du pays, les institutions sont toujours incapables de contrôler de larges pans du territoire.

Lu sur The Guardian

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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