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Mandela: le monde s'apprête

Venant des quatre coins du monde, des dizaines de dirigeants convergeront cette semaine vers l'Afrique du Sud pour rendre un dernier hommage à Nelson Mandela, dont les valeurs et le combat sont salués quasiment d'une seule voix par toute la planète.

"Madiba est notre version, la version sud-africaine, du Mahatma Gandhi", a déclaré dimanche soir Laloo Isu Chiba, l'un de ses anciens co-détenus sur l'île-bagne de Robben Island, expliquant pourquoi Mandela faisait autant l'unanimité dans les louanges.

"Il est largement admis que pendant des générations et des générations, il sera presque impossible de retrouver une personne douée de cet engagement, de ce dévouement et de ces qualités", a-t-il ajouté, au cours d'un débat public consacré au héros national.

Lundi, les deux chambres du Parlement sud-africain tiendront au Cap une séance commune dédiée à la mémoire du premier président noir (1994-99) de l'Afrique du Sud. 

Dès dimanche, au moins 70 chefs d'Etat ou de gouvernement avaient déjà annoncé leur arrivée, selon la ministre sud-africaine des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane, qui n'a toutefois pas donné de liste.

Le dalaï lama, qui s'est vu refuser deux fois un visa pour l'Afrique du Sud ces dernières années, a fait savoir qu'il n'assisterait pas à ces événements. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé de renoncer à sa participation aux funérailles à cause du coût du voyage en Afrique du Sud, rapportent les médias israéliens tard dimanche soir.

Les chefs d'Etat américain Barack Obama, brésilienne Dilma Roussef et français François Hollande, ainsi que le Premier ministre britannique David Cameron, ont en revanche confirmé leur arrivée. La chancelière allemande Angela Merkel ne sera pas du voyage, mais le président Joachim Gauck sera là.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon sera également présent.

D'autres pays délègueront des ministres.

Outre les responsables en exercice, d'anciens chefs d'Etat feront le voyage: les Américains Jimmy Carter, George W. Bush et Bill Clinton, le Français Nicolas Sarkozy, le Brésilien Lula. Le président cubain Raul Castro se rendra quant à lui en Afrique du Sud le 15 décembre.

Certains prendront la parole au cours d'une cérémonie d'hommages officielle, mardi au stade Soccer City à Johannesburg, à partir de 11H00 (09H00 GMT), a indiqué le ministre auprès de la présidence Collins Chabane, sans donner plus de précisions.

Le corps du premier président noir d'Afrique du Sud ne sera pas présent dans le stade, a-t-il précisé.

Après l'hommage solennel de mardi, la dépouille mortelle sera transportée en procession puis exposée trois jours de suite à Pretoria, siège du gouvernement. Elle sera transférée samedi vers le petit village de Qunu, dans le sud rural du pays, la terre des ancêtres de Mandela. C'est là qu'il avait souhaité être enterré.

"Maintenant, c'est son tour de se reposer"

Dimanche, des fidèles de toutes confessions ont prié pour Nelson Mandela. De Soweto au Cap, de Londres à Bethléem. Des  chants, des homélies et des prières se sont élevées dans des églises, mosquées, temples et synagogues à travers tout le pays.

"Il a prêché et mis en pratique la réconciliation", a rappelé le président sud-africain Jacob Zuma, lors d'une cérémonie dans une église méthodiste, en appelant ses concitoyens à faire vivre cet héritage d'"unité".

A sa libération après 27 ans dans les geôles du régime d'apartheid, Nelson Mandela a tendu la main à la minorité blanche et évité une guerre civile. 

Malgré tout, Blancs et Noirs restent encore souvent à distance. Mais dimanche, déclaré "journée nationale de prières et de réflexion", ils se sont retrouvés dans leurs hommages à Nelson Mandela.

Les Africains du Sud, préparés depuis des mois à l'annonce d'une mort imminente de leur "Madiba", réagissent depuis jeudi avec sobriété, et sans effusions spectaculaires. Le ton est plus à la gratitude envers l'½uvre de Mandela qu'à l'épanchement de tristesse.

"Tata Madiba s'est battu pour nous, maintenant c'est son tour de se reposer", lance une paroissienne, Zanele Sibiya, devant la grande église catholique Regina Mundi de Soweto, haut lieu de résistance à l'apartheid. 

On a aussi prié pour Nelson Mandela ailleurs dans le monde. A Londres, l'archevêque de Canterbury Justin Welby a ainsi salué son "courage" et son "humanité" au cours d'un service spécial en son honneur.

A Bethléem, les chrétiens palestiniens ont loué un symbole de la "libération du colonialisme et de l'occupation pour tous les peuples aspirant à la liberté".

 

AFP

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