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L'Afrique du Sud prie pour Mandela, "âme révolutionnaire et aimante"

"Rentre à la maison, Madiba, tu as fait de façon désintéressée tout ce qui est bon, noble et honorable pour le peuple de Dieu!". Comme l'archevêque anglican du Cap, les Sud-Africains de toutes confessions, mais aussi des fidèles du monde entier, ont prié dimanche pour Nelson Mandela.

Dimanche était le premier jour d'une semaine de deuil officiel qui doit s'achever le 15 décembre par l'inhumation du héros de la lutte contre l'apartheid. Le président Jacob Zuma, dans une allocution dimanche, a appelé ses compatriotes à vivre "dans l'unité (pour que) nous soyons unis comme une nation arc-en-ciel".

Cinquante-trois chefs d'Etat et de gouvernement ont confirmé qu'ils se rendraient en Afrique du Sud pour les funérailles de Nelson Mandela, a annoncé dimanche la ministre des Affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane.

Le président américain Barack Obama, la Brésilienne Dilma Roussef et le Français François Hollande participeront notamment aux hommages en mémoire du champion de la lutte anti-apartheid et de la réconciliation nationale.

Depuis jeudi, l'émotion dans le pays est contenue et sobrement exprimée. Les Sud-Africains s'attendaient depuis des mois à la mort de Mandela et le pays ne semble pas en état de choc, même si les médias ne parlent évidemment de rien d'autre.

"Va ton chemin, âme révolutionnaire et aimante, hors de ce monde", a lancé l'archevêque Thabo Mokgoba, successeur de Desmond Tutu, qui dirigeait les prières dans l'église de la Sainte Croix, dans la township de Nyanga, au Cap.

"Que son long chemin vers la liberté soit apprécié et réalisé par nous tous, de notre temps", a-t-il ajouté, en référence au titre de l'autobiographie du premier président noir sud-africain, décédé jeudi soir à l'âge de 95 ans.

"J'ai des sentiments mitigés. Je célèbre et pleure à la fois la vie de Tata (Père) Mandela, c'est pourquoi je suis ici aujourd'hui", a dit à l'AFP Tutu Phankisa, une paroissienne de 49 ans qui a fondu en larmes en voyant des portraits de Mandela dans l'église.

"En tant que Sud-Africaine, je fais partie de la famille de Tata Mandela (...) J'étais comme un enfant de Tata Mandela, parce qu'il a combattu pour moi. Il a combattu pour nous, les Noirs d'Afrique du Sud et du continent africain."

Dans la petite église réformée néerlandaise de Melville, à Johannesburg, le révérend André Barlett a allumé un cierge sur l'autel à la mémoire de Nelson Mandela, "pour remercier Dieu, qui nous a donné quelqu'un qui représentait des valeurs importantes, des valeurs de paix, de réconciliation, de respect et d'humanité".

"Lumière dans l'obscurité"

"Pensez aux années 1990 et aux peurs que nous avions alors de ce qui ce passerait dans le pays: sous la direction de M. Mandela, aucune de ces peurs ne s'est réalisée", a ajouté le pasteur, dont l'Eglise était la religion quasi-officielle du régime ségrégationniste de l'apartheid, auquel elle avait trouvé une justification théologique.

Dimanche matin, dans la grande église catholique Regina Mundi de Soweto, haut lieu de la résistance à l'apartheid, le prêtre Sebastian Rossouw a appelé ses fidèles à prier pour Mandela, "une lumière dans l'obscurité".

Olga Mbeke, 60 ans, se souvient de l'apartheid: "Lors de nos meetings ici, la police venait et nous lançait des gaz lacrymogènes. On se sauvait en courant. A l'époque, on priait pour les combattants, dont Mandela. Il s'est battu pour nous, maintenant il doit trouver le repos".

Le président Jacob Zuma, qui avait fait de dimanche une "journée nationale de prières et de réflexions" à la mémoire de son illustre prédécesseur, assistait quant à lui à un service méthodiste --l'Eglise à laquelle appartient la famille Mandela-- dans une banlieue de Johannesburg. L'ex-femme de Nelson Mandela, Winnie, était assise à ses côtés.

"Quand notre lutte (contre l'apartheid) a pris fin, il a prêché et mis en pratique la réconciliation, pour que ceux qui s'étaient affrontés se pardonnent les uns les autres et deviennent une nation", a-t-il ajouté.

On a aussi prié pour Nelson Mandela ailleurs dans le monde, comme à Londres où l'archevêque de Canterbury Justin Welby a présidé un service spécial.

"Nelson Mandela a montré son courage par sa détermination face au Malin et par son humanité dans l'expérience de la victoire. Qui plus est, un tel courage et une telle l'humanité ont été appris et démontré au plus profond du conflit et des souffrance", a déclaré le prélat anglican.

Des milliers de Sud-Africains n'ont pas attendu les cérémonies officielles, défilant pour lui rendre hommage dans des lieux symboliques, notamment devant la maison de Johannesburg où il est mort, depuis l'annonce de son décès.

Après les prières dimanche, la semaine se poursuivra lundi par un hommage du Parlement, suivi mardi par une cérémonie officielle dans le stade de Soccer City, à Soweto. C'est là que Nelson Mandela avait fait sa dernière apparition publique en juillet 2010, pour la finale de la Coupe du monde de football. 

La cérémonie sera retransmise dans trois autres stades de Johannesburg et Soweto, dont le temple du rugby Ellis Park et celui d'Orlando, où Mandela avait tenu son premier meeting d'homme libre au lendemain de sa libération en février 1990.

Le corps du héros de la lutte anti-apartheid sera transféré mercredi en grande pompe dans l'amphithéâtre d'Union Buildings, le siège de la présidence à Pretoria, où il sera exposé pendant trois jours.

Après une cérémonie d'adieu sur une base militaire de la capitale, le corps de Nelson Mandela sera transporté dans sa province natale du Cap oriental (sud), et conduit en procession jusqu'à Qunu, le village de son enfance. Les Thembus, sa tribu, l'accueilleront par une cérémonie traditionnelle.

Nelson Mandela sera inhumé dimanche 15 décembre auprès de ses parents et de trois de ses enfants. 

Les grands de ce monde et des artistes qui étaient proches de Mandela assisteront soit à la cérémonie de Qunu, soit à celle de mardi à Soccer City. Cette dernière solution a été notamment choisie par le président français François Hollande, le président américain Barack Obama et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

En revanche, le dalaï lama, qui s'est vu refuser par deux fois un visa pour l'Afrique du Sud ces dernières années, ne se rendra pas aux funérailles de Nelson Mandela, prix Nobel de la Paix comme lui.

AFP

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