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Patrouille de soldats français, Bangui, 6 décembre 2013 / AFP
Patrouille de soldats français, Bangui, 6 décembre 2013 / AFP

Calme très précaire à Bangui

L'armée française patrouille, les habitants recommencent à sortir dans les rues, après 48 heures de terreur.

Les habitants de Bangui recommencent à sortir dans les rues, samedi matin, après être restés terrés 48 heures dans leurs maisons, terrorisés par l'explosion de violences et de tueries qui a frappé la capitale centrafricaine. Des patrouilles de blindés de l'armée française étaient également visibles dans la ville. L'une d'elles est venue tourner devant l'entrée du palais présidentiel peu avant 07H30, a constaté l'AFP.

Selon des habitants interrogés par téléphone, seuls quelques tirs sporadiques d'armes automatiques ont émaillé la nuit, sans commune mesure avec les deux nuits précédentes. Aucun bilan d'éventuelles victimes de ces tirs n'était disponible samedi en début de matinée. Les hommes en armes étaient également nettement moins nombreux à déambuler dans la ville que les jours précédents.

Mais, déjà le vendredi 6 décembre au matin, les coups de feu avaient laissé place à un silence de mort. Au sol, les corps inertes gisaient aux quatre coins de Bangui, capitale de la République centrafricaine. Dans les missions catholiques, les cadavres se comptaient par douzaines. Médecins Sans Frontières en dénombrait près de 300 quand l’AFP faisait état d'une centaine morts. Et puis, à la mi-journée, les tirs ont claqué à nouveau.  

Alors que deux avions rafales en provenance du Tchad survolaient la ville, les combats ont repris entre les groupes armés qui avaient fondu sur la capitale jeudi matin et les soudards de l'ex-coalition rebelle Séléka, officiellement dissoute début septembre. Peu avant 14h, l’armée française tuait plusieurs hommes qui menacaient ses positions aux abords de l’aéroport.

«Des hommes armés dans un pick-up ont ouvert le feu jeudi matin sur les positions françaises déployées à l'aéroport. On a riposté, le pick-up a été détruit et les assaillants ont été tués. On ripostera à chaque fois qu'on ouvrira le feu sur les positions françaises», a affirmé le colonel Gilles Jarron.

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L'aéroport de Bangui, zone de sécurité - 07/12/13 à 09h00

Dans une interview au Monde accordée en marge du «Sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique», le Premier ministre Nicolas Tiangaye a réitéré son soutien à l’opération menée par la France, en précisant que la priorité était de «sécuriser Bangui, les grands axes économiques que sont le corridor Bangui-Douala et Beloko-Bangui et d’autres corridors secondaires». De son côté, l’Union africaine appelait à «la restauration rapide de l’ordre public», espérant que «la protection des populations civiles» sera assurée. Un vœu pieux.

Sur place, MSF constate que les enfants ne sont pas épargnés par les combats. Certains sont même enrôlés par des groupes armés. Ceux qui se réfugient dans la brousse pour éviter les milices font face à un autre danger mortel: la malaria.

«La crise humanitaire affecte ceux qui vivent dans la brousse. Les combattants de l’ex-Séléka ont pillé les hôpitaux et les pharmacies du nord, laissant des communautés entières sans médicamentss’est alarmé Peter Bouckaert de l'association Human Rights Watch.

Jeudi, les premiers combats avaient poussé François Hollande à précipiter l’envoi de troupes sur Bangui dans le cadre de l’opération Sangaris, aux termes de laquelle le contingent militaire français doit doubler. Aux côtés des soldats de la force africaine, les militaires français déjà sur place ont patrouillé dans des quartiers en proie à la terreur.

«La ville a cessé de vivre depuis jeudi matin. Tous les commerces sont restés fermés», témoigne l’AFP. Ce vendredi en fin de matinée, l’ambassade de France a conseillé à ses ressortissants de rester chez eux jusqu’à nouvel ordre. Message reçu.

Slate Afrique avec AFP

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