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Libye: un enseignant américain tué par balles

Un enseignant américain a été tué jeudi à Benghazi, dans l'Est libyen, dans la deuxième attaque visant des Américains en Libye depuis celle ayant coûté la vie à l'ambassadeur et à trois autres Américains en septembre 2012.

"Un citoyen américain qui enseigne à l'Ecole internationale de Benghazi a été tué jeudi matin, alors qu'il faisait son jogging matinal", dans le quartier d'al-Fouihet, a déclaré le porte-parole des services de sécurité à Benghazi, Ibrahim al-Charaa.

Le ministère de l'Intérieur a précisé dans un communiqué que l'enseignant avait été tué par "quatre inconnus à bord d'une Jeep noire".

Selon Adel al-Mansouri, le directeur de l'Ecole, la victime s'appelait Ronnie Smith. Ce professeur de chimie de 33 ans était arrivé fin 2012 à Benghazi pour enseigner dans l'établissement.

Originaire du Texas, il était marié et père d'un enfant de deux ans, mais sa famille ne se trouvait pas en Libye au moment du drame. Il comptait rentrer aux Etats-Unis pour y passer les vacances de fin d'année, selon la même source.

Toujours selon M. al-Mansouri, un autre Américain qui enseigne également à l'école a été placé dans un lieu sûr, en attendant son rapatriement.

Dans la soirée, l'ambassadrice américaine à Tripoli, Deborah Jones, a confirmé la mort de l'Américain, en écrivant sur son compte Twitter: "Mon coeur va à la famille de l'enseignant américain assassiné aujourd'hui à Benghazi".

"Nous comptons sur le gouvernement libyen pour enquêter pleinement sur ce meurtre", a déclaré de son côté le porte-parole de la Maison blanche, Jay Carney.

Le ministère libyen de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une enquête, alors que celui-ci des Affaires étrangères a dénoncé un "acte criminel", affirmant son "engagement à assurer la sécurité des citoyens libyens et les ressortissants étrangers résidant" en Libye. 

Cet assassinat, qui n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, est la deuxième attaque visant les Américains en Libye, après celle contre le consulat américain à Benghazi le 12 septembre 2012 ayant provoqué la mort de l'ambassadeur et trois autres ressortissants américains.

Islamistes radicaux pointés du doigt

Des islamistes radicaux, dont le groupe jihadiste Ansar Asharia, ont été pointés du doigt dans cette attaque, mais jusqu'à présent, personne n'a été traduit en justice.

Depuis l'attaque du consulat, les pays occidentaux déconseillent à leurs citoyens de se rendre à Benghazi et la plupart des représentations diplomatiques ont quitté la ville en proie aux violences.

L'Ecole internationale de Benghazi est quasiment le dernier établissement scolaire international toujours ouvert en Libye. La plupart des établissements, y compris l'école française à Tripoli, ont fermé leurs portes après la flambée de violences dans le pays en 2012 et 2013.

Jeudi encore, quatre soldats libyens ont été tués dans une nouvelle attaque visant les forces de l'ordre, a indiqué une source au sein des services de sécurité, précisant qu'ils avaient été tués par des inconnus dans quatre incidents séparés à Benghazi.

L'un d'entre eux, Salah Ahmouda, qui travaillait dans les renseignements militaires, a été tué dans l'explosion d'un engin placé sous sa voiture. 

Plus à l'est, à Derna, fief d'islamistes radicaux, des habitants continuaient à manifester pour appeler à mettre fin à l'anarchie dans la ville et réclamer une police et une armée. Lundi, des inconnus avaient tiré sur des manifestants, faisant un mort et sept blessés.

Comme Benghazi, Derna a été le théâtre ces derniers mois de nombreux assassinats de membres des forces de sécurité et de juges. Ces attaques sont attribuées par des experts libyens et étrangers aux groupes jihadistes très actifs dans l'Est libyen, en particulier Ansar Asharia.

Le Premier ministre Ali Zeidan a promis mercredi un déploiement prochain de l'armée à Derna, où l'Etat est quasi absent.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, les autorités de transition peinent à mettre en place une armée et une police professionnelles leur permettant d'asseoir leur pouvoir et de maintenir l'ordre dans ce pays, où les milices font la loi.

AFP

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