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Mandela, militant de la lutte contre le sida

Nelson Mandela s'est investi dans la défense de multiples causes après avoir quitté la présidence de l'Afrique du Sud, mais aucune ne l'a mobilisé autant que la lutte contre le sida, la maladie qui ravage le pays et devait emporter son propre fils.

Mandela a peu parlé du sida tant qu'il était chef de l'Etat entre 1994 et 1999, alors que l'infection progressait très rapidement. Une retenue qui est sans doute sa principale erreur à la présidence.

Il devait se faire entendre de plus en plus ensuite, au fur et à mesure que la pandémie révélait son ampleur terrifiante en Afrique australe.

"Les Africains sont très conservateurs en matière de sexe. Ils ne veulent pas que l'on en parle", a-t-il déclaré pour expliquer son silence initial.

"Je leur disais que nous étions touchés par une épidémie qui allait balayer notre nation si nous ne prenions pas de précautions. Je me rendais compte que j'offensais mon public. Ils se regardaient les uns les autres, horrifiés."

C'est une fois à la retraite que Mandela a commencé, notamment par le biais de la fondation qui porte son nom, à dénoncer le taux record de VIH-sida dans ce pays où près de 6 millions de personnes sont contaminées, soit un sixième des infections dans le monde.

En décembre 2000, il affirmait que "le VIH-sida est pire qu'une guerre".

"Alors que nous sommes en train de parler, des milliers de gens en meurent. Mais cette guerre peut être gagnée", soulignait-il.

Deux ans plus tard, il critiquait implicitement son successeur, le président Thabo Mbeki, qui exprimait des doutes sur le lien entre le virus VIH et le syndrome immuno-déficitaire selon lui lié à la pauvreté.

"Le débat sur des questions essentielles concernant le VIH se développe de telle façon qu'il nous distrait de ce qui devrait nous mobiliser pour combattre cette menace majeure pour notre avenir", avait lancé Mandela en février 2002.

Le mois suivant, il déclarait aux journalistes que les séropositifs devraient avoir accès gratuitement aux antirétroviraux (ARV). Une prise de position radicale à un moment où le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) s'opposait à leur distribution dans les hôpitaux publics, demandant des tests sur leur toxicité.

En juillet 2002, Mandela convainquait le militant de la lutte anti-sida Zackie Achmat de cesser sa "grève des médicaments". Le leader de la coalition Treatment Action Campaign (TAC), malade du sida, refusait de se soigner tant que le gouvernement n'offrait pas l'accès aux ARV gratuits pour tous.

Soumis à des pressions nationales et internationales croissantes, le gouvernement Mbeki approuvait en août 2003 un programme limité d'accès aux ARV dans les hôpitaux publics.

La même année, le héros de la lutte anti-apartheid lançait sa campagne mondiale "46664" dont les concerts géants, avec des vedettes comme le chanteur Bono du groupe U2, visaient à alerter autant qu'à collecter des fonds.

Cette campagne, portant le numéro de prisonnier de Mandela lorsqu'il était enfermé au bagne de Robben Island, appelait les gouvernements de la planète à faire de la pandémie une urgence mondiale.

"Le sida n'est plus seulement une maladie, c'est un problème de droits de l'Homme", soulignait-il lors du concert de novembre 2003.

En janvier 2005, l'ancien avocat avait prononcé une émouvante plaidoirie en annonçant la mort de son fils aîné, Makgatho, que la maladie venait d'emporter à l'âge de 54 ans.

"Depuis quelque temps déjà, je dis qu'il faut parler publiquement du sida et ne pas le cacher. Le seul moyen de montrer qu'il s'agit d'une maladie normale, comme la tuberculose ou le cancer, est de dire ouvertement que quelqu'un est mort du sida", avait-il déclaré, le visage marqué par le chagrin.

"C'est pourquoi je vous ai convoqués ici aujourd'hui: pour annoncer que mon fils est mort du sida."

Lui rendant hommage, le directeur exécutif d'Onusida Michel Sidibé a estimé qu'"il a été celui qui nous a vraiment aidés à briser la conspiration du silence".

L'Afrique du Sud a nettement accéléré ses efforts contre la pandémie ces dernières années. Fin 2013, le pays distribuait des ARV à plus de 2 millions de séropositifs, soit le plus important programme de ce type au monde.

 

AFP

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