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L'Afrique du Sud envisage le gel ses projets nucléaires jusqu'en 2025

L'Afrique du Sud a révisé à la baisse ses besoins en électricité et envisage de geler ses projets dans le nucléaire jusqu'en 2025 pour miser sur le gaz de schiste, l'éolien, le solaire et du courant importé de barrages étrangers, selon un nouveau plan gouvernemental.

Ce plan appelé Plan révisé de ressources intégrées pour l'électricité (IRP), consulté mercredi par l'AFP, fait l'objet d'une consultation publique et doit être promulgué définitivement le 7 février. 

"La décision en matière nucléaire peut être reportée", indique-t-il. L'Afrique du Sud, qui a connu une crise énergétique majeure en 2008, avait prévu de se doter entre 2023 et 2030 d'une flotte de six réacteurs d'une puissance totale de 9.600 MW, en plus de la centrale unique déjà existante.

Le nouveau plan souligne qu'"il y a des options de rechange, comme l'hydroélectricité régionale, qui peuvent répondre aux besoins et permettre de continuer les explorations du potentiel en gaz de schiste avant de s'engager prématurément dans une technologie qui peut être redondante si les attentes en matière de demande d'électricité ne se matérialisent pas, spécialement au regard d'une production photovoltaïque étendue".

Le document mentionne notamment Inga III, un projet de barrage géant dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo.

"Si, et seulement si la production nette dépasse 265 térawatts/heure (TWh, un milliard de KWh) en 2014 (ou 270 TWh en 2015) et s'il n'y a pas de perspectives d'un développement à grande échelle dans le gaz, alors l'approvisionnement nucléaire pourrait continuer", dit le texte.

"Toutefois, s'il est clair qu'il n'y pas d'engagement pour un investissement nucléaire à moins de 6.500 dollars le KWh, alors cet approvisionnement devrait être abandonné car le coût additionnel suggérerait une technologie alternative". 

Le document pourrait signer le glas des ambitions de certains fabricants, ou au contraire leur donner une précieuse indication sur les délais et les prix par l'Afrique, alors que le ministre Ben Martins vient d'achever une tournée dans six pays dont la Russie et la France.

Les nouveaux scénarios mentionnés dans le plan vont de zéro à huit réacteurs branchés entre 2023 et 2035.

Mais d'une part, le nouveau texte souligne "les incertitudes persistantes (...) autour des coûts d'investissement dans le nucléaire", faisant justice à ceux qui reprochaient au gouvernement d'être irréaliste et de ne pas pouvoir financer ces nouveaux réacteurs.

Il se fonde d'autre part sur des projections de croissance économique et de consommation électrique moins ambitieuses: 345 à 416 TWh en 2030 au lieu de 454 TWh.

Tout a été repassé en revue depuis 2010, date de rédaction du précédent plan: les options technologiques, leurs coûts, la demande attendue, la performance des centrales actuelles et la possibilité d'étendre leur durée de vie. 

L'Afrique du Sud continue de tourner au maximum de ses capacités électriques. En novembre, la compagnie publique Eskom a irrité ses clients industriels en demandant qu'ils réduisent de 10% leur consommation pour éviter des délestages.

"Le plan favorise les importations d'hydro-électricité en provenance du Mozambique et de Zambie", "il table sur une extension de la durée de vie des centrales à charbon" et "il montre comment l'augmentation des prix peut être ralentie en reportant la décision sur le nucléaire", explique le Pr Anton Eberhard, expert et chercheur à l'université du Cap.

Selon lui, la nouvelle combinaison énergétique se résume ainsi: "vent + soleil + hydroélectricité importée + gaz et un peu de charbon au lieu du nucléaire".

Depuis 2008, les prix de l'électricité ont plus que triplé, une hausse impopulaire donnant lieu à des mois de débats acharnés et de pressions politiques contradictoires.

L'Afrique du Sud dispose d'une seule centrale construite dans les années 1970 à Koeberg, à 30 kilomètres du Cap (sud-ouest), par des industriels français qui en assurent la maintenance et sont candidats à la construction des nouveaux réacteurs.

 

AFP

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