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Photo prise en 2001 du livre d'Aussaresses / AFP
Photo prise en 2001 du livre d'Aussaresses / AFP

Mort de Paul Aussaresses, tortionnaire de la guerre d'Algérie, «sans regrets ni remords»

Le cynique coordinateur des services de renseignement en 1957 à Alger disparaît sans avoir jamais regretté la torture pendant la guerre d’Algérie.

Il était celui qui osa briser le silence de la Grande Muette sur la guerre d’Algérie. À 95 ans, le général Paul Aussaresses s’est éteint, a annoncé ce mercredi 4 décembre, l'Association d'anciens parachutistes français Qui Ose gagne. Ce vétéran des services de renseignement français restera comme celui qui révéla, sabre au clair, les exactions commises par le colonisateur en Algérie. À plusieurs reprises, M. Aussareses avait assumé avoir commis des actes de torture et des exécutions sommaires, lorsqu’il était en poste à Alger.

Premier à avoir reconnu l’existence d’un véritable système criminel au journal Le Monde en 2000, le général avait réitéré ses aveux dans son ouvrage Services spéciaux, Algérie 1955-1957, en faisant preuve d’un détachement étonnant.

«Une chose est claire: notre mission nous impose des résultats qui passent souvent par la torture et les exécutions sommaires y écrit-il. L'utilisation de cette forme de violence, inacceptable en des temps ordinaires, pouvait devenir inévitable dans une situation qui dépassait les bornes [...]. La torture devenait légitime quand l'urgence s'imposait»

Ses faits d’armes, Paul Aussaresses les confiait «sans regrets ni remords». Un franc-parler qui lui valut d’être suspendu de la Légion d’honneur en 2005. Deux ans plus tôt, la justice l'avait condamné à 7500 euros d'amende pour «apologie de la torture».

Dans un dernier baroud d’honneur, Paul Aussaresses avait publié, il y a cinq ans, d’autres révélations sur les commissions versées par le GIAT (Groupement industriel des armements terrestres) au criminel de guerre Klaus Barbie. Après avoir été mis à la retraite de l’armée à la suite de ses confidences, M. Aussaresses avait officié pour le vendeur d’armes Thomson. Il s’était ensuite retiré en Alsace, où il sera inhumé mardi 10 décembre, toujours d'après le site de l'association Qui ose Gagne.

Slate Afrique

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La rédaction de Slate Afrique.

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