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L'ONU va déployer ses premiers drones dans l'est de la RDC

Les Nations unies s'apprêtent à déployer pour la première fois des drones non armés en République démocratique du Congo (RDC) pour surveiller les mouvements de forces rebelles et les frontières de ce pays en proie à une instabilité chronique.

C'est la première fois que l'ONU dote une de ses missions de maintien de la paix de cet outil de surveillance. Certains de ses responsables parlent déjà de l'utiliser en Côte d'Ivoire, au Soudan du Sud ou encore au Mali si l'expérience congolaise s'avère concluante.

Ces appareils sans pilote ont plusieurs avantages sur les avions et hélicoptères: ils peuvent survoler d'immenses territoires pendant des journées entières sans ravitailler, sont difficilement détectables et réclament relativement peu de personnel de maintenance.

Les deux premiers drones seront lancés mardi à partir de Goma (est de la RDC), a indiqué lundi l'ONU, à l'occasion d'une visite dans la capitale provinciale du Nord-Kivu du patron des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous.

Selon un autre responsable des Nations unies, l'ONU mettra en service mardi deux drones et prévoit de se doter de cinq drones au total.

Il s'agit d'un "outil important pour aider la Monusco à remplir son mandat de protéger les civils" dans la région, a souligné le porte-parole de l'ONU, Martin Nesirky.

Ces appareils renforceront les moyens d'action de la Monusco (Mission de l'ONU en RDC), une des missions les plus importantes de l'ONU dans le monde avec 20.000 soldats et policiers, dont une nouvelle brigade d'intervention de 3.000 hommes chargés de traquer les rebelles dans l'est de la RDC.

Surveillance aérienne permanente

Riche en minerais, l'Est est depuis une vingtaine d'années la proie de dizaines de groupes armés qui tuent, violent, pillent, provoquent des déplacements massifs de population et recrutent des enfants.

La Monusco a pris au fil des mois une posture de plus en plus offensive. Elle a participé activement, en soutien aux forces gouvernementales congolaises, aux combats qui ont abouti à la capitulation le 6 novembre du Mouvement du 23 mars (M23).

Kinshasa et l'ONU ont annoncé que les prochaines cibles seront les rebelles hutus rwandais du FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda).

Le Rwanda et l'Ouganda ont été accusés par l'ONU de soutenir et d'armer le M23, ce que ces deux pays voisins ont toujours nié.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait autorisé le déploiement de drones pour surveiller les groupes rebelles et les mouvements de troupes ou de matériel passant par la frontière entre la RDC et le Rwanda.

Un débat avait alors opposé les Occidentaux à la Russie et à certains pays africains qui s'inquiétaient de la manière dont les données recueillies par les drones pourraient être utilisées.

Le Rwanda, membre non permanent du Conseil, avait finalement accepté le déploiement des drones, son président Paul Kagame affirmant qu'il ne lui posait "aucun problème".

Selon le chef militaire de la Monusco, le général Carlos Alberto Dos Santos Cruz, la Mission devrait pouvoir assurer dès mars 2014 une surveillance aérienne 24 heures sur 24.

Les Nations unies ont commandé leurs premiers drones à la société Selex ES, filiale du géant italien Finmeccanica.

Le gouvernement ivoirien a de son côté réclamé des drones pour surveiller ses frontières et prévenir ainsi de nouvelles incursions de partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo venus du Liberia.

Les commandants d'autres contingents de Casques bleus, comme celui installé au Soudan du Sud, se sont déclarés intéressés par ce nouvel outil.

De manière générale, la collecte directe d'informations joue un rôle croissant dans le maintien de la paix. Ainsi, les Pays-Bas vont envoyer 380 militaires et quatre hélicoptères au Mali. Leur tâche principale, selon des diplomates, sera la surveillance électronique des extrémistes islamistes dans le cadre de la Minusma (Mission internationale de soutien au Mali).

"Ils mèneront aussi des opérations d'espionnage traditionnelles, avec des moyens humains, c'est une évolution nécessaire pour l'ONU", explique un diplomate.

AFP

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