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Somalie: report du vote d'une motion de défiance contre le Premier ministre

Le vote d'une motion de défiance prévu dimanche contre le Premier ministre somalien Abdi Farah Shirdon, en conflit ouvert avec le président somalien Hassan Sheikh Mohamud, a été reporté après que le chef du gouvernement eut été empêché d'accéder au Parlement, a constaté l'AFP.

L'exécutif somalien, présenté à son arrivée au pouvoir l'an dernier comme la meilleure chance en 20 ans d'un retour à la paix en Somalie, est aujourd'hui rongé par des rivalités internes.

Le Premier ministre a récemment refusé de démissionner comme le lui demandait le président et fait désormais face à une motion de défiance.

La session parlementaire de dimanche, au cours de laquelle devait être organisé le vote, a été houleuse.

Des députés ont empêché le Premier ministre d'accéder au Parlement, où M. Shirdon comptait présenter sa défense.

"Le gouvernement a préparé une déclaration complète en réponse aux accusations portées contre lui", a déclaré M. Shirdon dans un communiqué diffusé après l'incident. "Nous demandons à ce que l'honorable Parlement ait l'occasion de nous écouter", a-t-il ajouté, estimant qu'une décision prise en l'absence du gouvernement n'aurait pas de poids.

Les débats se prolongeant, la journée s'est conclue sans vote. Les discussions reprendront lundi.

L'origine du conflit entre le Premier ministre et le président est peu claire, mais des hommes politiques mettent en avant affaires de corruption, histoires de loyauté combinées au complexe système clanique somalien, selon lequel chaque groupe communautaire est censé trouver sa place au sein du pouvoir.

Les tensions ont surgi au grand jour début novembre, quand la gouverneure de la Banque centrale, Yussur Abrar, a jeté l'éponge, affirmant, malgré les démentis du gouvernement, avoir subi des pressions pour prolonger des contrats douteux.

Mais des proches du Premier ministre indiquent que le conflit remonte en fait à septembre, au moment d'une proposition de remaniement ministériel. M. Shirdon aurait alors demandé la tête de trois alliés clés de M. Mohamud, dont le puissant ministre de l'Intérieur.

L'actuel exécutif est le premier, depuis la chute du président Siad Barre en 1991, à bénéficier d'une réelle reconnaissance sur la scène internationale.

Mais, alors que le pays, fracturé par deux décennies de conflits quasi-incessants, doit encore se construire une solide administration centrale, les luttes de pouvoir semblent avoir pris le pas sur les dossiers.

Le conflit politique fait le jeu des islamistes shebab, qui ont essuyé de nombreux revers militaires depuis deux ans, mais jurent toujours la perte des autorités de Mogadiscio et restent, selon les experts, le principal obstacle au retour de la paix.

AFP

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