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Une arrestation de la police anti-émeute à Kinshasa, REUTERS/David Lewis
Une arrestation de la police anti-émeute à Kinshasa, REUTERS/David Lewis

RDC: les Kuluna, ces gangsters qui sèment la terreur à Kinshasa

Depuis deux semaines, le gouvernement congolais débarrasse les rues de ceux que l'on surnomme les Kuluna.

Connus de tous les habitants de Kinshasa, les Kuluna sont des délinquants qui font la loi dans la capitale congolaise. Des bandes armées qui sévissent et s’attaquent à la population depuis de nombreuses années. Mais depuis peu, le gouvernement a décidé d’agir face à ces gangs qui regroupent entre 20 et 40 personnes lors des affrontements avec des bandes rivales. Une décision tardive mais nécessaire face à l’ampleur du phénomène.

Ce qui avait commencé comme une guerre entre clans a fini par toucher toute la population, ces neuf dernières années. Les Kuluna ont commencé à s’en prendre aux riverains, allant du vol à main armée aux viols et aux assassinats. Terrorisant les habitants de Kinshasa et ses alentours. Fiers de la crainte qu’ils inspiraient, ces jeunes hommes se sont mis à adopter un style très excentrique arborant des coiffures saugrenues et des tatouages.

Cette amplification de la violence a atteint son paroxysme en 2006, lors des élections législatives, révèle France 24. Des candidats avaient fait appel à leurs services pour servir comme gardes du corps. Ainsi, avec cette collaboration, les Kuluna avaient pu asseoir leur pouvoir sur les habitants, se comparant à un groupement militaire. Une confiance qui a permis à la police congolaise de les surprendre avec l’opération Likofi (coup de poing en Ligala).

La contre-attaque

Les autorités que l’on suspectait d’être les complices de ces gangs ont finalement fait volte-face. Depuis la mi-novembre, une chasse aux Kuluna est ouverte, marquée par de nombreuses arrestations. Seulement, quelques bavures sont pointées deu doigt.

«Mon petit frère qui a une crête et des tatouages, a été arrêté et est resté plusieurs heures au poste. Comme nous avions des relations, nous avons réussi à le faire libérer... mais je n'ose même pas imaginer comment ça se passe avec ceux qui se retrouvent dans la même situation et qui ne peuvent appeler personne», s’insurge Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine des droits de l'Homme (ASADHO).

Depuis le début de cette action, de nombreuses ONG et associations craignent des débordements de la part de la police, qui elle-même a longtemps été soupçonnée d’être de mèche avec les Kuluna.

«La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) indiquent avoir reçu ces derniers jours des rapports préoccupants faisant état de la disparition et de l’assassinat de jeunes hommes et d’enfants dans certaines communes de Kinshasa. Ils relèvent que ces allégations coïncident avec le début de l’opération Likofi.»

Lu sur France 24

Greta Mulumbu

Journaliste

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