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Mali: des manifestants touareg envahissent l'aéroport de Kidal

Le Premier ministre malien, Oumar Tatam Ly, a été contraint jeudi d'annuler une visite à Kidal, après l'intrusion de manifestants hostiles sur l'aéroport de cette ville du nord-est du Mali contrôlée par les rebelles touareg, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Tôt ce (jeudi) matin, alors que nous nous apprêtions à recevoir le Premier ministre, quelques centaines de jeunes et de femmes soutenus par des responsables du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad, rébellion touareg) se sont dirigés vers  l'aérodrome de Kidal, décidés à empêcher l'avion (du Premier ministre) d'atterrir", a déclaré à l'AFP Ismael Touré, fonctionnaire au gouvernorat de Kidal.

L'information a été confirmée par une source militaire africaine à Kidal, selon laquelle les forces de la Minusma, la force de l'Onu, n'ont pas pu empêcher que les manifestants pénètrent sur la piste d'atterrissage.

"Deux jeunes étaient armés parmi les manifestants qui criaient +Vive l'Azawad, Vive le MNLA+", a ajouté la même source.

L'entourage du Premier ministre a confirmé l'information, précisant que M. Ly a "pour le moment" annulé sa visite.

Selon son entourage, il se trouvait à Gao, la plus grande ville du nord du Mali (à 300 kilomètres au sud de Kidal), lorsqu'il a appris que l'aéroport de Kidal avait été envahi par des manifestants hostiles, et a donc décidé de ne pas se rendre sur place.

Selon des manifestants, les militaires maliens ont ouvert le feu sur les protestataires, blessant trois civils, un homme et deux femmes.

"C'est l'armée malienne qui a tiré sur les trois civils", a affirmé l'un de ces manifestants, Mohamed Ag Kory. Interrogé par l'AFP, un responsable de l'état-major de l'armée sur place à Kidal a démenti ces accusations.

Les trois blessés devaient être évacués dans la journée par avion vers Gao.

Oumar Tatam Ly devait effectuer jeudi sa première visite à Kidal depuis sa nomination comme Premier ministre en septembre. 

Cette ville de l'extrême nord-est du Mali est le fief des rebelles du MNLA qui avait repris pied dans la localité à la faveur de l'intervention militaire française en janvier dans le nord du Mali.

L'armée française, fer de lance de l'offensive anti-islamiste, y poursuit sa traque des jihadistes qui avaient occupé la ville, ainsi que les deux autres grandes agglomérations du nord du Mali, Gao et Tombouctou, pendant neuf mois en 2012.

Ils en ont en grande partie été chassés, mais des éléments islamistes armés continuent à sévir dans le nord du Mali, comme en témoigne l'enlèvement et le meurtre le 2 novembre de deux journalistes français à Kidal

AFP

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