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Les Sud-Africains déj

Les Sud-Africains commençaient à se presser nombreux au cinéma jeudi pour la sortie en salles du film événement tiré de l'autobiographie de Nelson Mandela dans un pays qui continue d'exorciser les heures sombres du combat contre le racisme et l'apartheid.

Fresque historique de près de deux heures et demie, allant de l'enfance à l'élection de Mandela en 1994, "Long Walk to Freedom" a reçu ses premiers spectateurs dès la fin de matinée, bénéficiant d'un jour de sortie anticipée dans un pays où l'affiche change en principe le vendredi.

"C'est la première fois qu'on a tant de monde un jeudi. Pour la séance de 20h00 ce soir, on a déjà des réservations et samedi ce sera plein", se réjouissait Mpumi Nkosi, la gérante d'un cinéma de Soweto, non loin de l'ancienne maison de Mandela.

Visiblement remuée, Mapulane Tsilo, 39 ans, a confié avoir "beaucoup pleuré". Comme pour beaucoup de Sud-Africains le film parle aussi de sa vie à elle. Elle était là au stade d'Orlando en 1990 pour le premier grand meeting de Mandela après sa libération en 1990. Et elle avait pris un jour de congé exprès pour voir le film.

"Eeeesch...je ne sais pas m'exprimer. Quand j'ai vu la police blanche qui nous tuait, j'ai eu la haine, ne me jugez pas. Et ça m'a traumatisé de voir quand ils découpaient les lettres de Mandela (pour censurer certains passages, ndlr), ou quand ils lui ont interdit d'aller à l'enterrement de sa mère et de son fils", avouait cette habitante du township, décidée à aller revoir le film en famille.

"Mandela c'était comme Jésus"

"Mandela c'était comme Jésus, mais maintenant ?", ajoute-t-elle, alors que l'ANC au pouvoir est accusé de ne pas avoir assez transfomé le pays et de trahir l'idéal de justice et de démocratie qui animait le combat contre le régime de la minorité blanche.

Son compatriote Muzilkhe Nelson, 39 ans, chauffeur de camions, mettait lui pour la première fois les pieds au cinéma en pleine après-midi. Membre de l'ANC, il voulait voir le film pour apprendre des détails historiques qui lui aurait encore échappé.

Primerose Bandla, 46 ans, faisait la queue pour acheter ses billets à l'avance, "très enthousiaste", tout comme Gertrud Botha, autre rondelette habitante de Soweto: "C'est Tata, notre père. Je veux vivre sa vie et même si c'est douloureux, je veux ressentir la souffrance par laquelle il est passé", dit-elle.

Xolani Jamjan, 25 ans, venu avec sa petite amie, avait opté pour quelque chose de "plus léger", préférant "voir seul de son côté" le film sud Mandela "à cause des émotions, de l'héritage historique, c'est un film sérieux, une histoire vraie".

Lancement dans plus de 100 cinémas

S'il était besoin, une grande campagne de publicité a précédé le lancement dans plus de 100 cinémas et le film bénéficie du début des grandes vacances de l'été austral.

Les premiers chiffres du box-office sortiront lundi mais personne ne doute du succès.

"Ce n'est pas un film seulement sur Mandela, mais sur le pays tout entier, sur moi, sur où je suis maintenant et sur là où j'aurais pu être", s'exclame Silindile Molomo, une autre spectatrice les yeux rougis par les larmes, interceptée cette fois dans le quartier de Rosebank, près de là où l'ancien président est toujours soigné.

Agé de 95 ans, M. Mandela, ne reçoit pratiquement plus de visite, sauf ses proches et sa maison a été transformée en mini-hôpital après qu'une infection pulmonaire a failli lui être fatale en juin. Il est toujours dans un état "stable mais critique".

Le film "montre la violence et les préjugés qu'il y avait avant mais il montre aussi la compassion à la fin, des deux côtés. C'est vraiment bien", a réagi Jaco Nel, un jeune Afrikaner, issu des descendant des premiers colons blancs.

"J'ai bien aimé la fin", résumait en écho une lycéenne de Soweto, âgée de 16 ans, Kutlwano Magaba, "car finalement les Noirs obtiennent la liberté et l'Afrique du Sud est maintenant une démocratie".

Le film sort vendredi aux Etats-Unis et le 18 décembre en France.

AFP

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