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Libye: rideaux baissés et écoles fermées

Les administrations et les écoles, de même que la plupart des magasins sont restés fermés mardi à Benghazi, dans l'Est libyen, pour réclamer le départ des groupes armés, après des heurts meurtriers la veille entre l'armée et le groupe salafiste Ansar Asharia.

Les habitants suivaient ainsi largement l'appel à la "désobéissance civile" lancé par le Conseil local de Benghazi, équivalent de la mairie, et par l'Union des organisations de la société civile de la ville.

La plupart des commerces ont maintenu leurs rideaux de fer baissés, les écoles et universités sont restées fermées, tout comme les administrations et les banques. Seuls les hôpitaux et stations d'essence continuaient à fonctionner normalement, selon un correspondant de l'AFP.

Le Conseil local a appelé à la "désobéissance civile" durant trois jours, à compter de mardi, en observant notamment des grèves, et a décrété un deuil pour la même période, après la mort de sept personnes dans de violents affrontements lundi entre les forces spéciales de l'armée régulière et le groupe jihadiste Ansar Asharia, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Les autorités locales et les habitants ont décidé de suivre l'exemple de la capitale Tripoli, où les milices ont été poussées à partir par un mouvement de grogne populaire, après des heurts déclenchés par des tirs d'une milice contre des manifestants pacifiques. Ces violences avaient fait 46 morts et plus de 500 blessés le 15 novembre.

Le Conseil local a également demandé "aux membres du Congrès général national (CGN, Parlement) issus de Benghazi de rentrer immédiatement", en signe de protestation contre les heurts.

Mardi, le calme régnait dans la ville où l'armée s'est massivement déployée dans la nuit notamment aux principaux carrefours, selon un journaliste de l'AFP.

Une délégation du CGN est arrivée dans la journée à Benghazi où elle tenait des réunions avec les autorités locales et responsables militaires sur les moyens de mettre en ½uvre la résolution du Congrès demandant le départ de la ville des groupes armés.

Le Premier ministre Ali Zeidan s'était déjà rendu lundi soir à Benghazi pour s'entretenir avec les responsables de la sécurité.

Signe du ras-le-bol des citoyens libyens contre les groupes armés, le QG d'Ansar Asharia à Ajdabiya (160 km au sud de Benghazi) a été pris d'assaut lundi soir par des habitants, obligeant ses occupants à quitter les lieux, remis ensuite à une unité de l'armée, selon une source locale.

 

Corridor sécurisé pour se retirer

 

Le ministre de la Défense Abdallah al-Teni a indiqué par ailleurs que ses services étaient en contact avec Ansar Asharia qui réclame un corridor sécurisé pour se retirer de Benghazi avec son armement.

"Les chefs des unités de l'armée de la ville se sont engagés à assurer un corridor à Ansar Ascharia à condition qu'il remette ses armes lourdes", a précisé le ministre, cité par le porte-parole du Congrès général national, Omar Hmidan.

Les notables et chef de tribus de Benghazi ½uvrent en coordination avec le CGN à apaiser la situation, a déclaré à l'AFP M. Hmidan.

Composé d'anciens rebelles ayant combattu les forces loyalistes en 2011, Ansar Asharia ("les partisans de la loi islamique", en arabe) a été créé après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Soupçonné d'avoir attaqué des juges et des membres des forces de l'ordre, le groupe salafiste est aussi montré du doigt dans l'attaque contre le consulat des Etats-Unis à Benghazi, qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur, en septembre 2012. Ansar Asharia a toutefois démenti toute implication.

L'organisation prône la charia (loi islamique) comme seule et unique source de législation en Libye.

Récemment, Ansar Asharia a indiqué ne pas reconnaître les institutions de l'Etat ni ses services de sécurité, les qualifiant d'apostat et de "Taghout" (forces maléfiques au service de la tyrannie).

Depuis la chute du régime Kadhafi, les autorités de transition peinent à mettre en place une armée et une police professionnelles leur permettant d'asseoir leur pouvoir et de maintenir l'ordre.

Elles ont recours aux ex-rebelles organisés en milices armées qui n'hésitent pas à défier l'Etat lorsque leurs intérêts sont menacés.

AFP

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