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Un kiosque de journaux à Tunis. REUTERS/Finbarr O'Reilly
Un kiosque de journaux à Tunis. REUTERS/Finbarr O'Reilly

LerPesse, le Gorafi tunisien fait un carton

Dix jours après son lancement, le journal parodique tunisien LerPesse est un succès populaire.

En une petite dizaine de jours, LerPesse a acquis une notoriété inespérée pour bon nombre de jeunes titres de la presse maghrébine. Sa recette, empruntée au journal américain The Onion ou au site français Le Gorafi est simple: plutôt que de subir le contexte médiatique étriqué et l’atmosphère politique tendue qui prévaut en Tunisie, le journal a décidé d’en jouer.

Lancé le 17 novembre, LerPesse a tout de suite affirmé son ton joyeusement déluré et doucement acerbe:

«Lerpesse est un journal d'information généraliste tunisien qui se veut sérieux et méthodique peut-on lire sur le site. A première vue, LerPesse semble être un nouvel acteur médiatique. Or son existence remonte à la naissance de l'Etat tunisien, les autorités ayant toujours tenté de cacher Lepresse en réprimant ses journalistes et leurs familles.»

Le site compte déjà une vingtaine d’articles rédigés en français ou en arabe, avec des titres tous plus délirants les uns que les autres:

«Le conseiller vestimentaire de Moncef Marzouki arrêté à son domicile», «Rached Ghannouchi serait devenu athée» ou encore «Al Jazeera Sport obtient les droits de transmission exclusive des réunions de la Commission d’appel de la FIFA». Il n’hésite pas à mettre en scène son propre succès en évoquant une possible offre de rachat du site par Mark Zuckerberg.

 

 

La plupart du temps, la critique du monde des médias n’est que sous-jacente. LerPesse, comme ses aînés, ne revendique aucune prise de position politique, ni même d’approche critique. Pour autant, son modèle n’est pas complètement nihiliste. S’il y a bien quelque chose que les sites parodiques réclament, c’est le droit de traiter des sujets sérieux au second-degré, et ce, dans l’anonymat.

En ce sens, ils participent à l’émergence d’une véritable contre-culture, qui, en gagnant en exposition ne manque pas de provoquer quelques confusions. A la demande de ses auditeurs, la radio Mosaïque FM a ainsi vérifié un article de LerPesse sur la compagnie aérienne Tunisair. De leur côté, Le Gorafi et The Onion commencent à s’habituer aux reprises de leurs informations par des sites d'information sérieux.

«C’est aux gens de faire un travail pour avoir du recul, pour vérifier leurs informations. On n’y est pour rien. On n’est pas non plus là pour critiquer les médias, on ne veut rien prouver du tout. Si on se mettait à donner des leçons, on perdrait toute pertinence, on deviendrait chiants!», se défend Le Gorafi.

Même s’il prend souvent un ton parodique pour mettre en scène sa communication, Le Gorafi a cependant dû se protéger de toute poursuite judiciaire:

«Jusqu’à preuve du contraire, tous les articles rédigés ici sont faux», peut-on lire dans la «Foire aux questions» du site.

«Cet avertissement, c’est juste juridique. On est obligés de mettre des garde-fous, il faut se protéger un minimum, pour ne pas tomber dans la diffamation», explique le Gorafi.

Lu sur LerPesse, LeHuffPostMaghreb et 20 Minutes

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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