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Le résident zimbabwéen, Robert Mugabe, renforce sa politique d'indigénisation / Reuters
Le résident zimbabwéen, Robert Mugabe, renforce sa politique d'indigénisation / Reuters

Zimbabwe: Mugabe veut chasser les commerçants étrangers

Au premier janvier 2014, les commerçants étrangers de certains secteurs devront avoir cédé leurs avoirs.

Les Chinois sont les bienvenus pour aider à la rénovation du réseau ferroviaire, mais seront exclus des petits commerces. C’est en somme, ce qu’a annoncé le ministre de l’Indigénisation et de l’Emancipation économique zimbabwéen, George Magosvongwe.

Les propos de M. Magosvongwe, rapportés par le journal gouvernemental Herald, visent à interdire l’exercice de la vente à tous les étrangers dans les secteurs dits «réservés». Ils s’inscrivent dans le cadre de la politique d’indigénisation mise en place depuis 2007 par le président Robert Mugabe.

«Les personnes non-indigènes qui opèrent dans les secteurs réservés ont jusqu’au premier janvier 2014 pour renoncer à leurs avoirs», a déclaré le ministre, en précisant que la mesure s’appliquera uniquement à certaines zones d’activités.

Sont ciblées: l'agriculture, le transport, l’immobilier, les agences de publicité, la transformation du lait, les arts locaux, l'artisanat, la vente, la distribution et la banque. Un spectre large qui fait franchir une nouvelle étape au patriotisme économique du régime.

Cette politique est née à la fin des années 1990, lorsque Robert Mugabe, voulant désarmer la colère d'une population touchée par des années de sécheresse et juguler les inégalités issues de l'ère coloniale, se lança dans une vaste réforme agraire dont l'objectif affiché était de déloger les blancs des terres cultivables. L'opération fut ponctuée par une chute de la production agricole et une inflation galopante. Après un assainissement partiel des comptes, l'inoxidable Mugabe relança la nationalisation de l'économie avec le concept de l'« indigénisation », une notion encore à définir.

Initialement, le processus d’indigénisation sanctionnait les entreprises appartenant à des étrangers dont le capital excède un demi-million de dollars. Sous la menace de sanctions internationales, Mugabe a longtemps hésité à mettre en place la mesure d'expropriation avant de décider, en mai, d’étendre son périmètre d’application, indiquant même après sa réélection contestée de juillet dernier, que le programme allait «redoubler d’intensité». Dès à présent, ce sont des milliers de commerçants venus de Chine, du Nigeria ou de l'Afrique australe qui se retrouvent sous le coup d’une amende et d’une peine d’emprisonnement s’ils ne se conforment pas à la loi.

Lu sur Herald

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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