mis à jour le

La mouche de l’olive fait des ravages

Des oléiculteurs et des spécialistes affirment que d'autres maladies dévastatrices ont également engendré des dégâts sur l'olivier.  Les oliveraies des wilayas du nord du pays sont atteintes par la maladie de la mouche de l'olive, appelée dacus. Cette maladie cause des ravages sur la récolte et réduit le rendement. Les conditions climatiques ont été en défaveur de l'oléiculture cette année. Sécheresse, grêle et mouche de l'olive, trois facteurs dévastateurs se sont mêlés. La sécheresse ayant sévi durant des mois a favorisé la prolifération de cette mouche. Des spécialistes en la matière ont affirmé qu'«une seule mouche peut pondre 400 à 500 ½ufs par jour». De là, il est facile d'évaluer la dangerosité de ce parasite des plus ravageurs sur les récoltes d'olives. «L'autre contrainte est le repérage de cette maladie durant sa phase primaire, qui reste invisible, car ses signes ne sont que tardivement décelés», confirme le directeur des services agricoles de la wilaya de Bouira, Rachid Morsli. C'est dans ce contexte que «les prévisions pour cette année dans la wilaya de Bouira seront autour de 3 millions de litres». Soit une perte de 4 millions de litres comparativement aux 7 millions de litres enregistrés l'année dernière, a-t-il précisé. Chez les oléiculteurs, le pessimisme est de mise : «On ne s'attend pas à une bonne récolte cette année. Les moyens de lutte sont inexistants. On cultive nos oliviers traditionnellement.» Ingénieur en agronomie et expert en développement, Akli Moussouni confirme : «C'est une calamité de grande envergure qui touche pratiquement toutes les régions. Plus de 80% des oliviers sont touchés, ce qui dépasse largement les seuils tolérés par les réglementations internationales en matière de sécurité alimentaire, à savoir 2% maximum pour l'olive de table et 10% pour l'olive à huile.» Et d'ajouter : «Il y a eu de tout temps une chute de production du fait que l'olivier en Algérie est rarement taillé de manière professionnelle. En l'absence d'aménagement d'ouvrage pour exploiter l'eau des pluies, cette culture a toujours soif surtout en période de développement du noyau, entre le 15 juin et fin juillet.» Les conséquences de cette maladie sont graves sur la qualité de l'huile d'olive ainsi que sur toute la chaîne de l'oléiculture. De ce fait, le prix de l'huile d'olive connaîtra aussi une hausse considérable. La mouche de l'olive n'est pas le seul fléau qui ravage les vergers à l'échelle nationale. D'autres maladies dévastatrices sont à énumérer. «Elles engendrent des dégâts, nous avons le verticillium dans la région d'El Ménéa, la tuberculose à Djelfa et Sidi Bel Abbès, le feu bactérien du pommier à Aïn Oussera ... qui disséminent des milliers d'hectares de plantations qui ont 10 à 15 ans d'âge. Il faut savoir que dans une agriculture moderne, il y a ce qu'on appelle les bulletins d'avertissement qui émanent chaque jour des instituts de protection des cultures. Ce qui, hélas, n'existe pas chez nous.»  

El Watan

Ses derniers articles: Programme AADL 2 : les résultats communiqués  Tizi Ouzou : Les retraités de l‘ANP s’organisent  Sellal : Les visites de terrain n'ont rien