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- Est-ce que le phénomène de la violence contre les femmes est en recrudescence ?   Il faudrait une véritable enquête pour savoir ce qu'il en est réellement. De par notre petite expérience, en tant que militantes féministes, nous relevons qu'il y a toujours autant de femmes qui vivent dans la crainte d'être à nouveau tabassées. C'est là une chose qui peut arriver à n'importe laquelle d'entre nous. Les femmes victimes de violence sont issues aussi bien des milieux aisés que défavorisés. Elles sont universitaires, médecins, avocates, femmes de ménage ou femmes au foyer. Tant que les femmes ne sont pas protégées par des lois, elles seront toujours considérées comme des sous-citoyennes. Les lois qui protègent les femmes contre ces actes n'existent pas. Les associations féminines avaient élaboré un projet, dans lequel une loi spécifique à la violence contre les femmes avait été proposée, mais il n'a pas eu, pour l'instant, un écho favorable.   - Pourquoi les femmes battues portent-elles rarement plainte contre leur agresseur ?   Nous recevons au sein de notre association des femmes très courageuses qui portent plainte malgré tout. Elles sont victimes de violences qui détruisent profondément l'individu. Le problème réside dans le fait qu'elles sont, très souvent, découragées dans leur volonté de dénoncer l'acte de violence. Dans les commissariats, on leur demande d'avoir de l'indulgence pour le frère ou le père de leurs enfants. Dans les cas où les femmes parviennent à déposer une plainte, les agresseurs s'en sortent avec des peines avec sursis ou des amendes qu'ils ne payent jamais. Aussi est-il essentiel aujourd'hui de mettre en place des lois qui protègent véritablement les victimes. Il ne faut pas attendre que des corps arrivent à la morgue pour agir. Le rôle de l'Etat et de ses institutions est de prévenir la violence.   - On dit souvent que la première ennemie de la femme est la femme elle-même. Que pensez-vous de cette assertion ?   Non, je ne crois pas à cela. Bien sûr, il y a des femmes qui élèvent leurs enfants de façon inégalitaire. Evidemment, la société algérienne a un mode patriarcale. Mais il est important que l'Etat protège les femmes.   - Il y a aussi une violence diffuse à l'égard des femmes dans la société algérienne...   En effet, les violences à l'égard des femmes sont multiformes, cela va du coup de couteau à l'insulte. Combien de fois avons-nous reçu des femmes humiliées, ayant perdu toute estime d'elles-mêmes à cause du mépris qu'on leur a affiché. Il faut aussi combattre cette violence-là car elle est aussi destructive que les autres. C'est pour cela que nous insistons pour que l'avant-projet de loi proposé par les associations, qui avait été enregistré à l'APN en janvier 2012, soit repris par les politiques.

El Watan

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