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Soudan: Béchir veut un développement équilibré des régions

Le président Omar el-Béchir a appelé samedi à combattre l'inflation, relancer la productivité et assurer un développement équilibré des régions du Soudan, un pays en proie à des conflits armés qui s'enfonce dans la crise économique.

"Nous devons combattre les prix élevés du marché qui affectent l'économie et la population", a affirmé le président soudanais devant quelque 500 personnes à l'ouverture d'un forum de deux jours sur la crise, organisé par le gouvernement et réunissant des économistes, des politiques et des hommes d'affaires notamment.

Depuis deux ans, les Soudanais subissent une inflation galopante et un taux de chômage au-dessus de 30%. En manque de liquidités, le gouvernement a cessé les subventions sur les carburants, ce qui a fait bondir les prix de 60% et déclenché fin septembre un mouvement de contestation sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de M. Béchir en 1989.

La levée des subventions fait partie du programme de stabilisation de l'économie, fragilisée par la partition avec le Soudan du Sud en 2011, qui a fait perdre à Khartoum des milliards de dollars de revenus pétroliers.

La valeur de la livre soudanaise a plongé au marché noir, perdant près de la moitié de sa valeur en deux ans, et l'inflation s'est envolée, atteignant officiellement 40% le mois dernier.

"La situation économique va de mal en pire", a déclaré à l'AFP Khaled Tijani, rédacteur en chef de l'hebdomadaire économique Elaff.

M. Béchir a appelé dans son discours à la préparation d'une étude sur la productivité en baisse dans le pays, et à un développement plus équilibré des régions du Soudan.

Plusieurs régions --le Kordofan-Sud, le Nil-Bleu et le Darfour-- sont le théâtre de soulèvements et de conflits nés de revendications économiques et politiques des populations locales qui se disent marginalisées par le gouvernement central à Khartoum.

"Nous avons besoin de propositions pour relever le niveau de vie et réduire la pauvreté", a affirmé le président Béchir, qui fait face à de nombreuses critiques au sein du régime et à des dissidences qui se multiplient notamment après la répression sanglante des manifestations de septembre.

"Sans résoudre le problème politique, on ne peut pas régler cette situation économique", a déclaré à l'AFP M. Tijani, qui a fondé avec un groupe d'universitaires un "Mouvement national  le changement", qui souhaite un dialogue sur les alternatives au système politique actuel, "en échec". "Je ne pense pas que le gouvernement prend cela au sérieux", a-t-il ajouté.

M. Béchir a dit que le renforcement des liens économiques avec le Soudan du Sud et les pays voisins était une priorité.

AFP

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