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Camp de déplacés, Bossangoa, nord de la RCA, novembre 2013 / AFP
Camp de déplacés, Bossangoa, nord de la RCA, novembre 2013 / AFP

La Centrafrique, le pays où l'on vit et meurt comme des animaux

La communauté internationale évoque une situation pré-génocidaire. Sur place, c'est carrément l'enfer.

Les missions internationales se succèdent en Centrafrique et les alertes se font de plus en plus fortes quant aux risque majeur d’un génocide, comme l’a laissé entendre, cette semaine, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Des inquiétudes relayées par les nations unies, dont le secrétaire général, Ban Ki-Moon, a annoncé lundi que l’ONU se préparait à un éventuel envoi de Casques bleus dans le pays. Le gouvernement américain, qui demande des sanctions contre les responsables des violences dans le pays, a débloqué 40 millions de dollars d’aide à la Misca, la force africaine qui tente de rétablir la sécurité en Centrafrique.

Les quelques organisations humanitaires encore présentes sur place donnent l’alter depuis longtemps, et c’est seulement maintenant que sur le plan diplomatique l’on parle de situation «pré-génocidaire». Dans tous les cas, depuis le renversement du régime de l’ex-président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka, le 24 mars 2013, la situation sécuritaire et humanitaire n’a eu de cesse de se détériorer. Selon Human Rights Watch, le nombre de déplacés à l’intérieur du pays est estimé à près de 400.000. L’ONG fait aussi savoir qu’il est quasiment impossible pour les humanitaires de venir en aide à ces personnes, car n’ayant aucune garantie de sécurité.

Dans le nord de la Centrafrique, par exemple, à Bossangoa, où l’on a noté une résurgence des combats ces derniers jours entre anciens rebelles de la Séléka et milices locales, rares sont les journalistes qui ont accès, afin de rendre compte de la situation. Le directeur de la section Urgences de Human Rights Watch a pu effectuer un voyage dans la région et livre et un témoignage poignant au magazine Foreign Policy. Peter Bouckaert y a vu un véritable chaos, où des enfants meurent de paludisme et de fièvre typhoïde. Le reportage publié par Foreign Policy évoque aussi des villages où il n’ y a plus une seule âme vivante.

«Dans les salles de classes, les tableaux indiquent encore la date de mars, quand les rebelles Séléka ont pris le pouvoir et que le cauchemar a commencé», peut-on lire dans le témoignage de Peter Bouckaert. Des villages entiers brûlés, des civils tués, des paysans tués à bout portant. Tout ceci sur fond de graves tensions entre chrétiens et musulmans, la majorité des rebelles de la colaition Séléka —aujourd’hui dissoute— étant musulmans.

L’église de Bossangoa sert de refuge à près de 40.000 personnes, indique encore le reportage de Foreign Policy. Mais ce refuge est «surpeuplé, bruyant et saturé par les fumées des fourneaux artisanaux».

Lu sur Foreign Policy

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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