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Algérie Télécom. Spécialité : le bas débit

Confronté à des coupures fréquentes et à un faible débit, l'internaute algérien est la victime collatérale de l'absence de stratégie et de savoir-faire de l'opérateur historique, Algérie Télécom. «Je ne prends même plus la peine d'aller voir Algérie Télécom dans mon quartier, se plaint Manel. Car la raison avancée est toujours la même : le mauvais temps. A chaque fois, on m'explique que quand il pleut, l'eau s'infiltre dans les câbles. Ma connexion internet est mauvaise, avec des coupures fréquentes, surtout vers 21h. Mais pourquoi dans les pays où il pleut dix mois dans l'année, ils n'ont pas le même problème ?» Chez les consommateurs, les témoignages se ressemblent : «Impossible de regarder des vidéos», «des coupures qui durent des dizaines de minutes», «des téléchargements de musique qui prennent une journée»... Alors que l'Algérie s'apprêt à lancer la 3G sur les téléphones portables, Algérie Télécom est à la traîne avec le haut débit. «Le gros problème auquel est confronté Algérie Télécom, c'est sa bande passante. A l'époque, les gestionnaires de l'entreprise ont choisi une bande passante en deçà du mégabit par seconde, explique Younès Grar, expert en TIC. L'entreprise s'est condamnée par avance à des goulots d'étranglement qui paralysent le système, car elle n'a pas su anticiper le succès et l'engouement des Algériens pour internet.» Conséquence : Algérie Télécom est obligée de compenser l'insuffisance de sa bande passante en augmentant son taux de partage. En clair, pour une connexion à un méga vendue à au moins une cinquantaine de clients, le débit réel dépendra du nombre d'usagers connectés au même moment. Plus le nombre d'abonnés est élevé, moins la connexion est bonne. Et si cela ne suffisait pas au malheur de l'abonné, l'opérateur historique est soupçonné par certains experts de restreindre «volontairement le débit de connexion». Pourtant des solutions existent. Il suffirait que l'opérateur décide de l'installation d'équipements sur le réseau déjà existant pour augmenter son débit à 320 gigabytes. Monopole «Mais Algérie Télécom est tributaire de l'Etat pour financer ses équipements, fait remarquer un ancien cadre de l'entreprise, parti exercer dans le secteur privé. Elle est coincée entre ses difficultés à trouver rapidement de l'argent pour acheter du matériel et la mauvaise volonté de ses responsables pour faire bouger les choses.» Chez Algérie Télécom, le coupable est tout désigné : la vétusté du réseau de câbles, cause des désagréments que vivent les internautes. «Les câbles sont constitués de cuivre qui, lorsqu'ils sont dénudés et au contact de l'eau, vont voir se former du vert-de-gris qui bloque la connexion. Tout sera réglé quand le réseau en fibre optique pourra relier directement les centraux téléphoniques aux chambres qui desservent les quartiers», explique sous le couvert de l'anonymat un ingénieur d'Algérie Télécom. Un discours que les abonnés connaissent par c½ur. Pour cet expert en technologies de l'information, l'explication ne tient pas la route car Algérie Télécom a les moyens de compenser la vétusté de son réseau en ayant recours à ceux de Sonatrach ou de Sonelgaz avec lesquels l'entreprise a signé des conventions. En réalité, l'opérateur historique, qui détient un quasi-monopole sur le réseau d'approvisionnement en bande passante internationale via son système de câblage sous-marin, mais également sur le réseau de distribution en fibre optique et sur le réseau d'accès, est dépassé par les nombreuses contraintes auxquels il doit faire face. De plus, il continue d'appliquer des recettes archaïques. «Dans n'importe quel pays au monde, on a soit un modèle d'affaires basé sur la compétition, soit un modèle d'affaires qui repose sur le monopole. Mais dans ce cas, l'entreprise qui détient le monopole a une grande capacité à desservir son marché et donc à répondre à la demande», analyse un expert sous le couvert de l'anonymat. Résultat : Algérie Télécom ne peut ni répondre seule à cette forte demande ni faire appel à un partenaire pour l'aider à le faire. «Il est indispensable qu'Algérie Télécom se fasse aider par un partenaire qui puisse lui apporter son savoir-faire dans le management, conseille Younès Grar. Comme on l'a fait avec la Seaal qu'on a associée à l'entreprise française Suez, il faut faire la même chose avec Algérie Télécom.»  

El Watan

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