mis à jour le

Maroc-USA : Les contours d’une visite royale

Le Roi Mohammed VI est arrivé mardi soir à Washington pour une visite de travail au cours de laquelle il devrait s'entretenir, vendredi  22 novembre, avec le Président Obama, à la Maison Blanche.

Nombreux sont les articles qui ont déjà été consacrés à cette visite royale, notamment en relation avec la conjoncture régionale, la récente et toujours actuelle phase de glaciation des relations algéro-marocaines, la problématique de la sécurité dans la zone sahélo-saharienne ou encore la question du Sahara marocain, voire celle des droits de l'Homme dans nos provinces du Sud…

Pour cette visite de travail, qui se prolongera d'un séjour privé à Big Apple, le Souverain est accompagné du Prince Moulay Rachid, mais aussi des conseillers Taïeb Fassi Fihri, Fouad Ali Al Himma et Yassir Znagui. Le ministre des AE, Salaheddine Mezouar et celui des Finances, Mohamed Boussaïd sont également de la partie.

 

L’arrivée de SM Le Roi Mohammed VI aux Etats-Unis (vidéo)

Le dessous des cartes 

 

Cette composition de la délégation officielle marocaine nous indique, indirectement, la nature des sujets qui seront abordés au cours de cette visite royale.

Avec Taieb El Fassi Fihri et Fouad Ali Al Himma, ce sont les dossiers relatifs à l'environnement régional, (Maghreb, Sahel, Afrique du Nord) et à la Question nationale (Sahara marocain) qui seront au menu des entretiens au plus haut niveau et des contacts à Washington.

La présence de Yassir Znagui, qui possède une expérience certaine des marchés financiers, mais également des financements de grands projets (tourisme, énergie, infrastructures), signifie sans doute que le séjour royal sera également consacré à la dimension économique et financière du partenariat américano-marocain. Ce que confirme, bien évidemment, la présence de Mohamed Boussaid, ministre de l'Économie et des Finances, dans ce voyage officiel, alors que Salaheddine Mezouar est en appui de Fassi Fihri et Al Himma.

KING

La « brochette» de hauts responsables nationaux présents à Washington nous édifie donc sur la nature et la qualité des relations bilatérales entre Rabat et Washington…

Les Américains, pour des raisons bien évidentes, sont préoccupés par la situation fort délétère qui caractérise aujourd'hui une bonne partie de l'Afrique, où les zones d'instabilité, de présence récurrente de groupes armés terroristes, de déliquescence des structures étatiques se multiplient. De l'Océan Atlantique à la Mer Rouge, sur toute la zone sahélienne, en Afrique du Nord, planent de lourdes menaces et il n'échappe à personne que le Royaume du Maroc y apparait comme un havre de paix, de sécurité, de stabilité. Même l'Algérie, ce géant pétrolier et gazier, qui s'étend (parfois indûment) sur des millions de kilomètres carrés, n'échappe pas aux projections pessimistes des analystes de la CIA et du Pentagone dans leurs rapports au Conseil de Sécurité nationale qui siège en permanence à quelques mètres du Bureau Ovale.

C'est que le Pouvoir algérien, qui dépense des millions et millions de dollars pour financer sa propagande anti-marocaine, est aujourd'hui personnalisé par un homme, Abdelaziz Bouteflika, vieilli, affaibli, diminué physiquement et intellectuellement, mais qui ose briguer un quatrième mandat présidentiel !

Comment croire, avec une telle configuration de sa structure dirigeante, que l'Algérie émette des signaux positifs à l'endroit de Washington, pour un leadership régional qu'elle prétend encore assumer ?

 

Le Maroc, seul…

 

Partenaire apprécié de l'OTAN, pourfendeur insatiable des réseaux islamistes sur son sol, allié sûr et performant sur toutes les questions liées au terrorisme international, le Maroc a, de surcroît, l'énorme avantage d'avoir su traverser sans grand dommage l'épisode agité du « Printemps arabe».

Alors que Tunis s'enfonce dans l'instabilité gouvernementale et institutionnelle, que les milices armées font la loi dans toute la Libye, prenant en otage peuple et classe politique, que l'Egypte revient graduellement sur les acquis de la Place Tahrir au profit d'une junte militaire qui est désormais confrontée au terrorisme armé des « sous-réseaux» de la Confrérie, le Maroc émerge seul du lot.

L'exception marocaine, concept qui déplaît tant à certains de nos voisins, mais aussi à nos auto-exilés de luxe, est parfaitement sentie aux Etats-Unis et l'invitation de Barack Obama en constitue une belle et convaincante illustration.

Et si Washington veut pouvoir compter sur les atouts stratégiques du Royaume pour un partenariat sécuritaire dont il ne peut faire l'économie, Rabat, en retour, est légitimement en droit, de souhaiter en tirer avantage, notamment au niveau de l'implication diplomatique plus dynamique des Etats-Unis sur la question de nos provinces du Sud, mais également l'investissement privé US dans notre pays, l'ouverture commerciale plus poussée pour les produits made in Morocco, le redéploiement du partenariat stratégique avec le Millenium Challenge Account, etc.

Le Maroc et les Etats-Unis d'Amérique, qui se « fréquentent» avec une assiduité certaine depuis George Washington et le Sultan Mohammed III, ont plus que leur passé commun, un présent et un avenir partagés et mutuellement profitables…

Qu'on se le dise !

 

Fahd YATA  

 

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Maroc : Alerte de pluies et averses importantes dans plusieurs villes  Obsèques  La terre a tremblé 

visite

AFP

Mohammed VI

Mohammed VI

AFP

Tunisie: visite houleuse du chef du gouvernement dans le Sud

Tunisie: visite houleuse du chef du gouvernement dans le Sud

AFP

Économie et lutte antiterroriste au coeur d'une visite de Cazeneuve

Économie et lutte antiterroriste au coeur d'une visite de Cazeneuve