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Une joie ternie par des dérapages

Mardi 19, quelques heures avant le match. Une dizaine d'enfants défilent à travers une des villes de l'Algérois, juchés sur la plateforme d'une camionnette de transport de marchandises. Feux de détresse allumés, klaxon hurlant et drapeaux de l'Algérie déployés, les garçons, trempés par la pluie, s'époumonent à scander des slogans à la gloire des Verts, sous le regard amusé ou incrédule des passants. Arrivée à une intersection régulée par un barrage de police, la camionnette prend la gauche. Tournant serré. Dans cette man½uvre, le véhicule vacille un peu trop et plusieurs des petits passagers manquent de passer par-dessus bord. Après un moment de silence, ils reprennent leurs chants, insouciants. L'engin n'a, quant à lui, pas pris la peine de s'arrêter, malgré les quelques klaxons d'indignation et de réprobation des autres automobilistes. Et la camionnette continue son «défilé» sans être inquiétée. Car la scène se passe pourtant sous les yeux des agents en faction. Aucune réaction. Comme cela a souvent été le cas depuis l'entame des festivités. Pourtant, et selon la DGSN, les instructions étaient fermes : le code de la route s'applique quel que soit les circonstances, défilés ou pas. Mais, à voir l'anarchie qui a régné ces dernières 48 heures dans les villes algériennes, ces ordres n'ont clairement pas été respectés. Et ce ne sont pas les infractions et les comportements dangereux qui ont manqué. Il n'était ainsi pas rare de voir, en pleine autoroute, des jeunes gens assis sur les bords des fenêtres de voitures, zigzagant à toute allure. Ou encore des véhicules drapés des couleurs nationales, à un point tel que les feux de circulation n'étaient plus visibles, les autres automobilistes ne pouvant voir et prévoir les changements de direction ou le freinage. De plus, dans la soirée de mardi, les rues étaient tellement encombrées que mêmes les sens interdits n'étaient pas respectés. Défilés fatals Résultat de cette inconscience : une fête endeuillée. Et aucune trêve festive n'a été enregistrée en ce qui concerne les accidents, agressions et autres vols. Le bilan est d'ailleurs lourd et significatif de l'incivisme et de l'inconscience qui ne connaissent pas de répit. Il a ainsi été enregistré, dans la nuit de mardi à mercredi, quelque 11 décès et plus de 240 blessés, essentiellement dans des accidents de la circulation, selon un premier bilan de la Protection civile. «Il y a eu trop de négligence et d'imprudence lors de ces festivités», déplore Nassim Bernaoui, chargé de la communication au sein de la Protection civile. Agressions et «dommages collatéraux» A Biskra, quatre personnes ont été fauchées par un «camion fou», une autre à Tipasa a été heurtée par un véhicule, tandis qu'une dernière est décédé à Médéa après avoir chuté d'un camion. La plupart des blessés sont tombés de voitures ou de camions alors qu'ils y étaient juchés, ou ont été écrasés ou agressés. Car les éléments de la sécurité semblent avoir été totalement absents, ou débordés, et aucune protection n'avait été assurée aux milliers de supporters sortis dans les rues. D'ailleurs, selon certains, instruction a été donnée de lever tous les barrages et point de contrôle dans certaines agglomérations. «Mon fils de 17 ans a été agressé à l'arme blanche alors qu'il était sorti en ville, en compagnie de deux de ses amis», raconte Farida, encore sous le choc. L'endroit est pourtant très fréquenté, mais le jeune homme était blessé et s'est fait délester de ses effets personnels. Lorsqu'ils vont porter plainte, à 8h30 le lendemain, le policier leur affirme que 16 autres agressions ont déjà été signalées. Et ce, sans compter les «dommages collatéraux» de cette folle nuit. «Je suis resté dehors jusqu'à 4h. Mais ce n'était pas pour défiler», relate Samir. Dans la soirée, sa grand-mère a fait une mauvaise chute. Mais ce fut la croix et la bannière pour l'évacuer à l'hôpital. «Les rues étaient bondées et il était impossible de circuler. Mettre les feux de détresse pour signaler l'urgence ? Tout le monde les avait allumés. Hurler ? Tout le monde criait. J'ai demandé à des gendarmes de m'escorter, mais ils étaient mobilisés et ne pouvaient quitter leur poste», poursuit-il, les traits tirés. Il avait pourtant été affirmé que tout avait été mis en ½uvre pour que les festivités se déroulent dans les meilleures conditions...

El Watan

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