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Kenya: manifestation clairsemée contre deux lois sur la presse et les ONG

Une centaine de manifestants ont protesté mercredi à Nairobi contre deux textes législatifs menaçant selon eux les libertés de la presse et d'association, et remis une pétition de plusieurs milliers de noms au Parlement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Fin octobre a été publié un projet de loi qui accroît le contrôle de l'Etat sur l'activité des ONG et limite notamment sévèrement leur financement étranger. Quasi-concomitamment, les députés ont adopté une loi très répressive sur la presse que, face au tollé, le président Uhuru Kenyatta a refusé de promulguer en l'état.

Si ces textes sont adoptés, "nous perdrons ce pourquoi nous nous sommes battus depuis plus de 20 ans", a déclaré à l'AFP Morris Odhiambo, président du Congrès national de la Société civile (NCSC), en référence à la lutte pour les droits civiques et la démocratisation au Kenya.

"Tant les médias que les ONG ont été au centre de cette lutte", a-t-il ajouté. En vertu de ces textes, "une organisation que le régime n'aimera pas n'obtiendra pas de ressources, de même que des ONG travaillant dans des zones n'ayant pas voté pour le pouvoir", a-t-il estimé, "or dans certaines zones les ONG font presque tout, si vous les enlevez, il ne reste rien".

"Qui a construit les toilettes à Mathare? Les ONG!", "qui a construit les toilettes à Kibera? Les ONG!", ont scandé les manifestants, dont d'autres slogans rappelaient aussi que les ONG géraient la plupart des écoles dans ces deux bidonvilles de Nairobi.

"Dites Non au contrôle du gouvernement sur les médias et les ONG", "Une presse libre + une société civile libre = démocratie et fin de l'impunité", proclamaient des pancartes.

M. Odhiambo a admis que la mobilisation était moins importante qu'espérée mais a souligné que les manifestations rassemblaient traditionnellement faiblement au Kenya car de nombreux Kényans "continuent d'avoir peur du système". Il a assuré que les ONG avaient reçu de nombreux soutiens.

Arrivés devant les grilles du Parlement, les organisateurs ont remis une pétition de plusieurs milliers de noms et ont reçu le soutien de trois députés du Mouvement démocratique orange (ODM), principal parti d'opposition au Kenya.

"Nombre de nos circonscriptions recoivent une aide cruciale des ONG. Voter contre les ONG, c'est voter contre ma circonscription", a expliqué le député John Mbadi aux manifestants, sous les applaudissements.

Sa collègue Gladys Wanga a estimé que de nombreuses vies kényanes dépendent des ONG (...) si nous tuons les ONG, nous tuons de nombreux Kényans dépendant des ONG" notamment dans le secteur de la santé.

AFP

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