mis à jour le

Le présentateur Kader Touré dans les studios de Radio Annia à Gao REUTERS/Joe Penney
Le présentateur Kader Touré dans les studios de Radio Annia à Gao REUTERS/Joe Penney

Le Mali joue sa nouvelle partition

Après l'intervention française dans le nord du pays la musique malienne reprend ses droits.

Des tirs d’AK 47 et des versets coraniques. C’est tout ce que l’on pouvait entendre à Gao et Kidal à la fin de l’été 2012. Une bande sonore aux allures de chape de plomb pour une région qui considère la musique comme un élément essentiel de sa mémoire collective, et ce, depuis le XIIIe siècle.

Après l'édiction de la censure par le Mujao, le 22 août 2012, les titres de Bob Marley, Seckou Maïga et certains chants touareg ont été proscrits et assimilés à une «musique de Satan». Il en est allé de même pour les archives sonores de la radio de Tombouctou, qui furent détruites. Une véritable fatwa contre toute la culture malienne sur laquelle revient l’auteur Andy Morgan dans l’ouvrage Music culture & conflict in Mali.

Pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la crise que vivait alors le pays, le chanteur et multi-instrumentiste Damon Albarn (des groupes Blur et Gorillaz) se rendit à Bamako en juillet 2012. A l'issue d'une collaboration avec le guitariste Afel Bocoum, il décida de lancer un projet à plus grande échelle en impliquant son collectif Africa Express dans la composition d’un album au Mali. En octobre 2013, les artistes occidentaux du collectif se réunirent avec des musiciens maliens pour enregistrer 11 titres dans une maison de jeunes de la capitale.

 

Quand Damon Albarn, mais aussi Brian Eno, Nick Zinner (le guitariste des Yeahs Yeahs Yeahs), David Maclean (de Django Django), Andre de Ridder, Olugbenga, Pauli the PSM, Remi Kabaka, Seye, Fatoumata Diawara et l’acteur Idris Elba arrivèrent au Mali, les djihadistes avaient été repoussés vers l’extrême nord du pays. Ils purent donc profiter d’un climat apaisé afin de découvrir la richesse de la musique locale. Pour la sommité qu’est Brian Eno, ce fut une leçon d’humilité :

«C’est une semaine d’humiliation musicale. Ils sont tellement bons que j’envisage de commencer une autre carrière!» plaisanta le compositeur britannique au micro de la BBC.

Parmi les chanteurs invités à se joindre au groupe de travail, la jeune Kankou Kouyate fit forte impression.

 

L’album, sera disponible le 9 décembre 2013. Le morceau «Soubour» a déjà été mis en ligne sur Youtube. A signaler également la sortie ces jours-ci d’une série documentaire de Robert Plan sur la musique malienne.

Lu sur BBC

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

Ses derniers articles: Des forces spéciales américaines combattent toujours les djihadistes au Mali  Les orphelinats africains ferment en masse et c'est une bonne nouvelle  La mort mystérieuse de l'ambassadeur russe au Soudan 

musique

AFP

Le Cap-Vert centre de la musique afro-caribéenne en avril

Le Cap-Vert centre de la musique afro-caribéenne en avril

AFP

Retour de Baaba Maal, l'explorateur de la musique sénégalaise

Retour de Baaba Maal, l'explorateur de la musique sénégalaise

Web

Google débarque à son tour sur le juteux marché du streaming musical en Afrique du Sud

Google débarque à son tour sur le juteux marché du streaming musical en Afrique du Sud

Mali

AFP

Le Mali juge l'ex-chef de la "police islamique" de Gao

Le Mali juge l'ex-chef de la "police islamique" de Gao

AFP

Libération du Sud-Africain enlevé au Mali par Al-Qaïda en 2011

Libération du Sud-Africain enlevé au Mali par Al-Qaïda en 2011

AFP

L'otage sud-africain détenu par Al-Qaïda au Mali "va bien", selon son père

L'otage sud-africain détenu par Al-Qaïda au Mali "va bien", selon son père