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L’Ice marathon man dans l’Antarctique

Un marathon en hors- d'½uvre, 100 km deux jours plus tard : ils seront cinq à prendre le départ des 142 km de l'Ice marathon man, aujourd'hui, dans l'Antarctique, et parmi eux Malek Boukerchi, conteur kabyle et adepte de l'ultra-distance par philosophie. Silhouette longiligne, visage de Gandhi et regard d'enfant, Malek Boukerchi, conférencier de 40 ans, a choisi de mettre sa passion et son corps à rude épreuve. Il sera le seul Français au départ de la 9e édition de cette course extraordinaire, parmi des Américains, des Japonais, des Chinois, des Azeris, des Sud-Africains, des Allemands et un Turc : 55 coureurs de l'extrême, dont 50 se limiteront au marathon, mercredi, laissant leurs cinq camarades enchaîner sur le 100 km vendredi. Adepte des trails ultra-distance, Malek Boukerchi a déjà à son actif une course dans le désert du Thar, au Rajasthan (333 km en 3 jours), la Diagonale des fous à La Réunion (160 km) et la Trans Gaule (1200 km en 18 jours, 70 km par jour). Mais il n'a encore jamais couru sur la glace. «Ce marathon, je ne l'avais pas prévu. Pas une seule fois. Surtout d'aller courir là-bas, dans le grand froid ! C'est le continent qui m'a attiré : l'Antarctique. C'est exceptionnel d'aller fouler cette terre des manchots, ça leur appartient», a raconté dans un entretien à l'AFP ce Berbère qui a grandi à Mulhouse. Il s'est inscrit pour 10 500 euros, a mobilisé des partenaires, notamment pour le matériel technique, et courra pour le WWF. Il s'est préparé durant de longues semaines en courant la nuit de Villejuif (Val-de-Marne), où il réside, à l'avenue des Champs-Elysées. Et puis, il s'est surtout entraîné en chambre froide plusieurs heures par jour dans le premier centre européen de stockage de produits surgelés, à Montsoult (Val d'Oise). De la course sur tapis, vêtu de plusieurs couches de vêtements, dans une ambiance à moins de 25 degrés. «Pour le 42 km, je pars en moyenne sur 5 heures. Et pour le 100 km ce sera 10 heures. Je serai sur une base entre 8 à 10 km/heure, en mode tranquille», précise cet homme de 1,84 m pour 70 kg. Prix du meilleur dormeur, féru de course à pied depuis ses 29 ans, après des années dédiées au foot, Malek Boukerchi, qui partage son temps entre Paris et La Réunion, s'est orienté petit à petit vers les longues distances... pour basculer très vite dans l'ultra distance. «L'ultra distance, c'est se poser, explique-t-il. Tu cours quand même, bien sûr, mais tu t'arrêtes et tu rencontres les gens. Et tu discutes... Il y a une solidarité organique qui se met en place. Il faut savoir s'arrêter. J'ai toujours mon appareil photo. Je profite du paysage». «Prenons la Trans-Gaule. On avait à peu près 10 heures par jour pour faire les 70 km. La majorité y allait en mode ''compét'', soit 6 à 7 heures. Moi, je me disais : j'ai dix heures, je vais les utiliser et voir ce qu'il y a à voir. J'ai pu aller manger chez des gens. J'ai fait 4 mariages !» a expliqué cet entrepreneur qui se définit comme un «runuriste : runer et touriste». Lors de la traversée du Thar, il a reçu le Prix du meilleur dormeur. «Je m'arrêtais la nuit, je dormais 6 heures, les autres avançaient pendant ce temps-là», se souvient-il, amusé, évoquant un couple de Danois devenus ses amis qui se parfumaient et changeaient de tenue chaque jour pendant l'épreuve, et ont reçu le Prix de l'élégance.

El Watan

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