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 Une église brulée à Mombassa. REUTERS/Thomas Mukoya
Une église brulée à Mombassa. REUTERS/Thomas Mukoya

Kenya: les méthodes de la lutte antiterroriste font désordre

Les forces antiterroristes du Kenya sont accusées de commettre des exécutions sommaires.

«Nous en avons marre de vous traîner devant la justice.» C’est le nom donné au rapport rendu par l’ONG Muslim for Human Rights (MUHURI) et le réseau Open Society Foundations (OSF, créé par le milliardaire américain George Soros) et qui met en cause les méthodes utilisées par la police kényane pour lutter contre le terrorisme islamiste.

Dans le document, qui compte près d’une centaine de pages, les deux associations accusent les unités antiterroristes (ATPU) de recourir à des exécutions sommaires de suspects et d’outrepasser le mandat qui leur est imparti. Des allégations que réfutent les officiels kényans, mais qui font écho à des critiques de la communauté musulmane de Mombasa, une ville portuaire du sud du pays, envers les forces de l’ordre.

Depuis 1998 et l’attaque de l’ambassade américaine de Nairobi, l’Etat kenyan mène une lutte acharnée contre les mouvements extrémistes locaux. Afin d’endiguer la menace shebab, il a étendu sa sphère d’intervention en déployant des troupes sur le territoire somalien en octobre 2011. Depuis cette incursion, Nairobi a été la cible de trente attentats qui ont fait 76 morts et 220 blessés. Déjà présents aux côtés des forces kényanes, les américains ont renforcé leur aide après le massacre du Westgate de septembre 2013 (50 millions de dollars ont été versés depuis 2003). MUHURI et OSF demandent aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne de reconsidérer leur collaboration avec les éléments convaincus de violations des droits de l’homme.

Les deux ONG citent une vingtaine de cas de disparitions ou de crimes perpétrés sans autre forme de jugement. Elle suspecte l’ATPU d’être impliquée dans le meurtre de l’imam fondamentaliste cheick Aboud Rogo Mohammed, abattu peu après l’attaque du Westage de Nairobi. Le mystère plane également autour de l'assassinat de l'imam de la mosquée Masjid Musa de Mombasa, cheikh Ibrahim Omar. Pour George Kegoro, directeur de l’International Commission of Jurists in Kenya, les autorités doivent faire la lumière sur ces crimes:

«Des investigations doivent être conduite pour trouver les commanditaires des disparitions d’Imams à Mombassa» a-t-il confié à l’Institute for War & Peace Reporting (IWPR).

Otsieno Namwaya , chercheur à Human Rights Watch abonde dans son sens:

«Ces meurtres de prêtres musulmans, qu’ils aient été commis par le gouvernement ou non, portent atteinte à la lutte contre le terrorisme en général. Les homicides ne découragent pas le terrorisme, ils génèrent de nouveaux terroristes.»

Déjà, après l’attaque de Westgate, l’IWPR mettait en garde contre les conséquences dramatiques que peuvent entraîner des violences non ciblées envers les musulmans du Kenya, qui représentent environ 11% de la population.

Lu sur "We are tired of taking you to the court" et IWPR

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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