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Afrique du Sud: enquête après l'effondrement d'un centre commercial en construction

Une enquête est ouverte mercredi après l'effondrement du toit d'un centre commercial en construction près de Durban (est) qui a fait au moins un mort et 29 blessés graves, victimes d'un promoteur peu scrupuleux.

Un nombre indéterminé d'ouvriers, peut-être aucun, peut-être 30, étaient encore piégés sous les décombres quand les recherches ont été suspendues dans la matinée pour dégager des morceaux de béton.

"Une enquête pour homicide volontaire a été ouverte. Aucune arrestation n'a eu lieu", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police nationale Thulani Zwane, alors qu'un promoteur local au passé agité était pointé par les médias locaux.

L'accident s'est produit mardi à une quarantaine de kilomètres au nord de la trépidante agglomération de Durban, à Tongaat lorsque la dalle de toit du bâtiment s'est effondrée à l'heure où les ouvriers s'apprêtaient à rentrer chez eux.

Une femme a été retrouvée morte dans les décombres de ce chantier que la municipalité avait tenté de stopper pour raisons de sécurité.

Vingt-neuf blessés ont pu être secourus dans les trois premières heures dont l'un transféré à l'hôpital par hélicoptère. 

"Deux sont dans un état critique et tous les autres grièvement blessés", a précisé mercredi matin Chris Botha, coordinateur des services de secours privés Netcare 911.

Mercredi matin, des policiers équipés de chiens spécialisés ont pris le relais mais cessé les recherches après quelques heures, faute d'avoir le moindre signe de vie parmi les tonnes de gravats.

"Il est possible qu'il n'y ait personne du tout là-dessous ou qu'ils soient piégés sous les décombres. Nous ne savons pas", a précisé à l'AFP Neil Powell, coordinateur des services de secours privé Crisis Med. 

Des caméras montées sur des câbles en fibre optique ont été utilisées avant que les recherches ne soient "arrêtées pour permettre à des ingénieurs municipaux d'utiliser de lourds engins de levage pour déblayer le béton", a-t-il dit.

Le chiffre d'une cinquantaine d'ouvriers disparus avait été évoqué avant de diminuer.

Une trentaine de personnes manquantes

"Le nombre de personnes manquantes est de 30", indiquait encore en début de matinée Chris Botha, tout en précisant qu'"on ne savait pas exactement combien de personnes étaient encore prisonnières des décombres".

Selon lui, les responsables du chantier ne savent pas combien d'ouvriers manquent à l'appel "car ils ne savent pas combien étaient partis ou ont pu partir".

Mais selon le syndicat national des mineurs et ouvriers du bâtiment (NUM), la réalité serait bien plus embarrassante pour les entreprises.

"Il semble que la majorité des employés étaient des ouvriers étrangers non inscrits auprès du ministère du Travail. C'est ce qui rend si difficile d'avoir un compte exact des victimes", a affirmé le NUM dans un communiqué.

Le faible coût de la main d'oeuvre fait qu'il est courant de voir des centaines d'ouvriers sur un chantier, parfois embauchés à la journée.

"Ce qui s'est passé est la partie émergée de l'iceberg", a accusé le syndicat dans un communiqué, déplorant "le manque d'action gouvernementale" dans la lutte contre les accidents du travail et réclamant "l'arrestation des dirigeants de l'entreprise s'il est prouvé qu'ils ont foulé au pied les instructions de la justice".

Le porte-parole la municipalité d'eThekwini (la communauté urbaine qui englobe Durban et Tongaat) Thabo Mofokeng a confirmé à l'AFP que la ville avait obtenu une décision de justice en référé le 26 septembre, suivi d'un ordre définitif le 14 novembre, pour stopper le chantier.

"Nous avions constaté que l'entreprise n'était parvenue à prendre des mesures pour respecter ses obligations dans la planification" du chantier, a précisé M. Mofokeng.

Responsabilité de l'entreprise 

"L'entreprise est responsable de cette tragédie", a dit le maire d'eThekwini James Nxumalo à la radio 702.

Fiona Moonean, dont la cuisine fait face au centre commercial en construction, faisait la vaisselle vers 16H30 (12H30 GMT) quand l'effondrement s'est produit: "Pendant la journée, les gars ont tapé pour retirer l'échafaudage qui retenait la dalle, et puis il y a eu ce bruit, qui était si énorme que j'ai levé la tête. A ce point, j'ai vu toute la dalle s'effondrer, et tout ce que vous pouviez entendre, c'était les gars qui criaient", a-t-elle raconté à l'AFP.

"Quand la poussière a commencé à retomber, certains gars ont commencé à sortir, et ont essayé d'y retourner pour aider leurs collègues", a-t-elle ajouté.

"Le plus traumatisant, c'était d'entendre les gars crier."

AFP

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