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L’ombre de Cherif Medjouel

Sept ans après le déclenchement de l'affaire de la Générale des concessions agricoles (GCA) à Ouargla, la date du procès tant attendu est enfin arrivée, puisque le tribunal criminel de Ouargla tiendra aujourd'hui sa première audience. Ce procès, qui se déroulera dix jours après le décès de Cherif Medjouel, ex-directeur de la GCA Sud, qui a succombé à un malaise cardiaque alors qu'il était en détention préventive depuis sept ans, réserve sans doute beaucoup de surprises à l'opinion publique locale et nationale, dont l'intérêt pour cette affaire est sans nul doute ravivé par le décès, en prison, d'un acteur-clé de l'affaire. Toutes les interrogations concernant les tenants et les aboutissants de cette affaire impliquant une centaine de cadres de la GCA mis en accusation à travers tout le territoire, quelque 300 entrepreneurs mêlés à des marchés de gré à gré, à des contrats fictifs ou non réalisés qui ont absorbé quelque 4000 milliards de centimes, selon le rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) de 2007, n'ont pas encore eu de réponses. Une affaire qui a fait couler beaucoup d'encre et qui reste d'une actualité édifiante. L'information judiciaire ouverte par la cour de Ouargla, à la suite du rapport de l'IGF, a révélé l'implication de 27 personnes, cadres à la direction régionale de la GCA à Ouargla, ainsi que des bénéficiaires du programme de mise en valeur agricole par la concession et des entrepreneurs. Les charges pesant sur les mis en cause sont liées notamment à la falsification de contrats, la non-réalisation ou la surfacturation de travaux et la signature de marchés de gré à gré en violation de la législation en vigueur. La chambre d'accusation avait, une première fois, demandé le transfert du dossier de l'affaire devant le tribunal criminel de Ouargla, avant que les mis en cause n'introduisent un pourvoi en cassation. La Cour suprême avait ordonné, le 18 mars 2010, le renvoi de l'affaire de la GCA Ouargla et le dossier de Djelfa devant la chambre d'accusation près la cour de Ouargla pour statuer de nouveau. Au point mort depuis, le sit-in organisé en juin dernier par la famille Medjouel devant le tribunal de Ouargla a, semble-t-il, fait bouger les choses, le nouveau procureur général a alors promis d'accélérer la mise en rôle de l'affaire. Promesse tenue, elle a été inscrite au rôle de l'actuelle session criminelle pour le 14 novembre avant d'être reportée au 19 du même mois, car coïncidant avec la fête de l'Achoura.

El Watan

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