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Egypte: des manifestants commémorent les événements meurtriers de fin 2011

Quelques centaines d'Egyptiens étaient rassemblés lundi soir à Tahrir, certains recouvrant de graffitis le mémorial inauguré le matin par les autorités installées par l'armée pour commémorer les événements meurtriers de la fin 2011 sur cette place du Caire.

Le monument était recouvert de taches de peinture rouge, symbolisant les gouttes de sang des martyrs, a constaté un journaliste de l'AFP, tandis que fusaient des slogans hostiles à l'armée qui a assuré l'intérim du pouvoir après la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak.

Le 19 novembre 2011, sur fond de campagne électorale pour les premières élections législatives libres, des manifestations éclataient contre le pouvoir militaire.

Emaillée d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, la dizaine de jours de contestation a fait 42 morts et plus de 3.000 blessés. Le mémorial, dont la construction a été lancée quelques jours avant la date anniversaire, porte les noms des victimes de ces heurts.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) avait ensuite remis en juin 2012 le pouvoir à l'islamiste Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans et élu à la présidence.

Un an plus tard, s'appuyant sur des manifestations montres réclamant le départ de M. Morsi, l'armée l'a destitué et a installé un gouvernement et un président par intérim. Le véritable homme fort du pays reste néanmoins le général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée, ministre de la Défense et vice-Premier ministre. Le pouvoir actuel mène une violente répression contre les islamistes.

Des slogans peints s'en prenant au général Sissi côtoyaient des slogans hostiles à M. Morsi sur le mémorial.

"A bas les traîtres: les militaires - les vestiges de l'ancien régime - les Frères musulmans", proclamait un graffiti sur le mémorial inauguré le matin même par le Premier ministre Hazem Beblawi. Un autre affirmait "ceci n'est pas un mémorial, c'est une escroquerie".

"Rien n'a changé, le régime est resté et nous sommes contre le pouvoir militaire", a assuré Mohamed Mahmoud, un manifestant présent sur l'emblématique place, épicentre de la révolte contre M. Moubarak.

"Pour nous, la révolution n'est pas finie", a renchéri son ami, Hussein Safed.

Comme de nombreuses personnes présentes au rassemblement, ils ont assuré à l'AFP qu'ils avaient participé à la mobilisation il y a deux ans sur cette même place.

Le ministère de l'Intérieur a prévenu qu'il répondrait fermement à toute violence mardi, alors que plusieurs courants appellent à des rassemblements à l'occasion du deuxième anniversaire des événements de 2011.

AFP

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