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Tunisie : Le dialogue national au point mort

La crise politique semble sans fin en Tunisie. Alors qu’un Dialogue national a été initié au mois d’octobre par le Quartet ( UTICA, la LTDH, l’ONAT et l’UGTT ) qui a réussi à mettre à table la plupart des partis politiques, ce dialogue a vite tourné court faute de consensus. Les partis présents devaient s’accorder sur plusieurs points notamment le choix d’un nouveau chef de gouvernement, la mise en place de l’ISIE et l'achèvement des travaux de la Constituante selon la feuille de route. Aucun des points n’a trouvé de solution et, alors que le Quartet a repris les consultations pour tenter de relancer le Dialogue, la situation semble encore plus compliquée : absence de consensus sur le nom du prochain chef de gouvernement, nouveaux désaccords au sein de l’ANC et liste des candidats à l’ISIE annulée.

Assemblée Nationale Constituante en Tunisie.

A force de petits arrangements, la situation est au point mort en Tunisie. Suspendu le 4 novembre dernier, alors qu’il avait débuté le 25 octobre, le premier round du Dialogue national n’a pas abouti. Et la situation est pire aujourd’hui car le Quartet a repris les consultations avec de nouvelles contraintes: la liste des futurs chefs potentiels du gouvernement a été épuisée, des désaccords ont lieu au sein de l’ANC à la suite d’amendements du règlement intérieur et il y a eu à nouveau annulation de la liste des candidats à l’ISIE.

Qui sera le nouveau chef de gouvernement ?

C’était un des points fondamentaux de la feuille de route et celui qui pose encore problème aujourd’hui : le choix d’un nouveau chef de gouvernement. Après des mois de crise politique, après les deux assassinats politiques en Tunisie, la mise en place d’un nouveau chef de gouvernement est indispensable selon l'opposition. Problème, alors que le Dialogue national avait débuté, le chef du gouvernement actuel, Ali Larrayed, faisait des déclarations contradictoires, laissant croire qu’il ne comptait pas démissionner.

Une fois le « malentendu » dispersé,il aurait fallu tomber d’accord sur un candidat. Chose que les partis politiques n’ont pas réussi à faire. Cette après-midi, les consultations reprennent autour de cette question. Mais si aucun des candidats précédemment proposés n’ont fait l’affaire, l’impasse semble persister.

Et tant qu’un blocage existera autour du choix du chef du gouvernement, le Dialogue ne pourra pas reprendre, selon les partis politiques de l’opposition. Ainsi Zied Lakhdar, dirigeant au sein du parti de gauche, le Front populaire, a déclaré après sa rencontre avec le secrétaire général de l’UGTT que les conditions n’étaient pas remplies pour que son parti reprenne le Dialogue.

A l’ANC les amendements du règlement intérieur posent problème

Alors que la feuille de route du Dialogue national comportait comme point la fin des travaux de la Constituante, les débats tournent, maintenant sur la forme que sur le fond. Ainsi la semaine dernière, le Quartet a du se concentrer sur des amendements apportés au règlement intérieur de l’ANC, sans l’aval de tous les députés.

Les députés présents au sein de l’ANC voulaient continuer les travaux sur la Constitution, alors que des députés étaient absents. Il y a eu modification du règlement intérieur afin de pouvoir continuer les votes. Il y a notamment eu modification des articles 36 et 79 qui permettent maintenant à la moitié des députés de la Constituante de convoquer une séance plénière et un abaissement du quorum requis pour la validité des délibérations du bureau de l’assemblée, « à titre exceptionnel et uniquement cas d’absences de députés. »

Des amendements que les députés en retrait n’ont pas apprécié comme on peut le lire dans le commentaire de la député du parti al Massar Karima Souid :

Finalement une rencontre doit avoir lieu avec les présidents des groupes pour l’examen des amendements, d'après le Président de l’ANC.

La mise en place de l’ISIE encore repoussée

Autre nouvelle que le Quartet doit gérer : l’annulation par le Tribunal administratif de la totalité de la liste des 36 candidats à l’ISIE, faite par la Commission parlementaire. Le Tribunal a jugé que la commission n’avait pas sélectionné les candidats selon une méthode appropriée. Une décision qui a pour effet de relancer le processus de sélection et donc de repousser à nouveau le début des travaux pour la tenue de futures élections.

Le Dialogue national est censé reprendre cette semaine, mais la situation actuelle ne va que compliquer les pourparlers.

Sana Sbouai

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