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La corruption a pris de l'ampleur au point de devenir un facteur de tension sociale, estime l'AACC. L'Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) dresse un sévère réquisitoire contre certains élus «véreux». Des «commis de l'Etat» qui ne pensent qu'à «se servir» au lieu de servir ceux qui les ont élus. Des «élus» qui enfreignent les lois de la République au quotidien, au vu et au su de tout le monde. Djilali Hadjadj, porte-parole de cette association, s'inquiète de cette situation et tire la sonnette d'alarme quant à l'ampleur du trafic et de la corruption dans l'arrière-pays. Il atteste que la corruption qui implique de «nombreux élus» prend une tournure «dangereuse» au point de devenir aujourd'hui «une source de tensions sociales qui pèsent sur la paix dans le pays». L'AACC illustre ses propos en revenant dans le détail sur la visite qu'a effectuée ce week-end le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, dans les villes de Khenchela et Oum El Bouaghi, où des citoyens ont été empêchés d'approcher le chef de l'Exécutif pour lui faire part de leurs doléances. Des citoyens qui voulaient simplement exprimer leur mécontentement à l'égard des exécutifs locaux et des élus qui, non seulement n'ont pas été à la hauteur de leur mission, mais se sont surtout distingués par des pratiques de corruption, de favoritisme et de hogra. En interpellant le Premier ministre, l'AACC assure que dans ces deux wilayas, il n'y avait pas grand-chose à inaugurer, que le retard dans la réalisation des projets sociaux et économiques était énorme et que les chantiers étaient à la traîne. Les citoyens ont voulu dénoncer une injustice inégalée, une injustice décriée par quelques élus de cette commune. De quoi il s'agit ? Le fait grave est le maintien à son poste par le wali du président d'une APC, à 50 km du chef-lieu de la wilaya, alors qu'il a été condamné par la justice à plusieurs reprises. Ceci en violation du code communal. Dans cette affaire, l'AACC déplore la marginalisation, les menaces, les intimidations que subissent systématiquement une minorité d'élus locaux intègres qui refusent de cautionner ces pratiques prédatrices qu'ils ne cessent de dénoncer, notamment auprès des autorités centrales. L'association révèle aussi un autre scandale relatif à la gestion du Comité d'assistance pour la localisation, la promotion de l'investissement et la régulation du foncier (Calpiref) à Khenchela. Cette structure n'échappe pas aux pratiques de favoritisme et de népotisme, dont le cas le plus flagrant est celui du neveu du secrétaire général de la wilaya. «Celui-ci est impliqué dans des affaires de corruption et fait actuellement l'objet d'une plainte en justice. Même l'office central de répression et de la corruption a été saisi, puis a transmis à son tour le dossier à la justice», explique le porte-parole de l'AACC. Dans ces régions des Aurès, la règle qui prévaut est l'absence totale de dialogue. Les portes de l'exécutif sont fermées, ce qui pousse des citoyens à des actes désespérés ou dans la rue, avec les risques d'affrontement avec les forces de l'ordre. «Les plaintes en justice de citoyens contre des élus et des responsables de l'exécutif indélicats se multiplient. Ces mêmes citoyens ont saisi, par courrier, les différents départements ministériels pour leur faire part de la corruption qui gangrène les institutions locales», explique Djilali Hadjadj, qui appelle le chef de l'Exécutif et les pouvoirs publics à prendre en considération, au vu du contexte social explosif qui prévaut dans ces régions, les préoccupations des citoyens et redresser la situation. «Il est urgent d'agir afin d'éviter que ces régions basculent dans une violence attisée par un exécutif et des élus véreux. Une violence qui ne profiterait qu'à ces derniers et aux pilleurs des deniers publics», avertissent les responsables de l'Association de lutte contre la corruption.

El Watan

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