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Jeunes diplômés algériens : Les sinueux chemins de la recherche d'un emploi...

Ils sont nouveaux ou anciens  diplômés, ils galèrent pour décrocher  leur premier « vrai » job. Ils multiplient les petits boulots avant de trouver enfin «un travail stable  » après les rêves de l'université ou... ne jamais trouver ! Face à  l'inaccessibilité   du marché de l'emploi, à la précarité, ils s'aventurent sur les chemins sinueux de la vie active. Souvent ils se heurtent à la réalité amère. Au-delà des chiffres et  des constats, la réalité quotidienne reflète un  profond malaise socioprofessionnel dont souffrent de plus en plus  jeunes diplômés algériens qui face labyrinthe de la recherche d'un poste d'emploi stable se trouvent désorientés. Ce sont les désillusions d'une jeunesse perdue. Nous avons tenté de dresser le parcours typique de ces jeunes diplômés. Selon  des chiffres de 2010 établis par  la Banque mondiale, sur 120 000 diplômés chaque année, 50 000 jeunes se retrouvent au chômage. L'Office national des statistiques, nous apprend en 2010 dans un rapport publié en ligne que le chômage des  diplômés de l'enseignement supérieur  a atteint 21,4% (11,1% chez les hommes et 33,6% chez les femmes)". D'après le rapport de la Banque mondiale, ces jeunes sont confrontés à deux problèmes majeurs : ils n'arrivent pas à s'intégrer dans la société et rencontrent des obstacles pour accéder au travail. Nassim qui a bien voulu témoigner, fait partie de ces jeunes qui n'ont pas trouvé leur voie apès les études. Pour lui, partir à l'étranger reste une option. Partir pour "se perfectionnner " nous dit-il. Revenir après. C'est encore mieux en Algérie d'autant plus qu'en Europe aussi on souffre d'une crise économique.   "Comme jardinier dans une entreprise privée..." Nassim. M ,27 ans  est sorti de l'université en 2011. Il a une licence en traduction. Aujourd'hui, il travaille comme assistant commercial dans une boite privée. Il nous dit « avoir été forcé » de changer de domaine comme pour sous-entendre que c'est le marché de l'emploi qui a décidé pour lui. Près de trois ans après le diplôme, Nassim a appris petit à petit à renoncer à ses ambitions. Il gère sa carrière comme il peut... au jour le jour. Pas si simple. Son salaire actuel dépasse de peu le SMIG. Avant d'atterrir dans cette entreprise, Nassim a déjà assuré des cours particuliers à des collégiens, a déjà travaillé comme téléopérateur dans un centre d'appel. Nassim relate dans ce qui suit son parcours :« j'ai parcouru les salons d'emploi, envoyer des CV  via le  net, via la poste. Les seules offres qu'on ma proposées me sont parvenues des centres appels alors j'ai accepté mais ça n'a pas duré longtemps vu les exigences de la boite et la charge du travail. Dès  que j ai terminé mes études, j ai passé le concours du Ministère des  Affaires Etrangères.Sans succès ». Nassim a aussi essayé l'Agence Nationale de l'Emploi (ANEM) pour déposer son CV. Il nous dit avoir été surpris en meme temps déçu par l'unique poste qu'on a pu lui proposer, à savoir travailler comme jardinier dans une entreprise privée. Nassim relate son parcours après l'université en mettant l'accent sur les refus cuisants qu'il a accumulés durant près de 3 ans. « Cet été là j'ai postulé  pour le poste d'enseignant à  Tipaza vu que j'ai la résidence là bas.  Suite à quoi j'ai passé un entretien de routine  pensant que c'est acquis d'avance oubliant que je suis en Algérie. A la fin je n'ai pas trouvé mon nom sur la liste ».   L'Etranger ,un leitmotiv...: Le problème du chômage des nouveaux diplômés en Algérie  est  "célébré" sur les réseaux sociaux par des photomontages souvent  originaux. Une façon pour les désabusés du marché de l'emploi de crier haut et fort leurs désillusions. Pour les auteurs de ces photomontages, l'Etranger, ce n'est pas une option parmi d'autres mais pour eux c'est "la Solution". Un petit aperçu en cliquant sur le diaporama qui suit :   Les questionnements d'une jeunesse - diaporamas     Dans un entretien accordé à ElWatan.com, Rabeh Sebaa, sociologue-essayiste, chef de projet "l'Algérie dans la Méditerranée" à la Faculté des sciences sociales de l'Université d'Oran, nous apporte un éclairage sur le chômage des jeunes diplômés et sur leurs désillusions vécues comme une frustration après le diplôme:     Rabeh Sebaa : "Il est difficile de parler d'épanouissement, mais plutôt d'une situation de survie sociale":   Que veut dire aujourd'hui pour un jeune diplômé "ne pas pouvoir s'intégrer dans la société" ? Une désespérance insupportable doublée d'une insoutenable frustration. Un jeune diplômé ayant effectué tout son cursus ne comprend pas comment en fin de parcours, il ne peut pas s'intégrer à ce pourquoi il a été formé pendant des années. Un sentiment d'impuissance qui pousse souvent à des actes désespérés quant la résignation ne parvient plus à contenir le découragement ou la colère.   A l'instar des autres pays, l'Algérie n'est pas à l'abri du phénomène de la précarité socioprofessionnelle des jeunes diplômés. Pourquoi et comment s'est-il installé dans notre pays ? Le phénomène de la précarité professionnelle a une histoire. Au commencement l'inadéquation progressive, puis généralisée, entre les différentes formations proposées par l'université algérienne et les capacités d'absorption d'un marché de l'emploi qui a connu un amenuisement drastique, bien avant l'ouverture à l économie dite de marché. Dès les années soixante dix, des dysfonctionnements et des ratages ont commencé à se faire jour à l'échelle sociétale. Ce qui signifie que la précarité socioprofessionnelle présente s'inscrit dans le cadre d'une précarité sociale globale qui a débuté il y a quelques années déjà.   Le dernier chiffre dont on dispose est celui sur 120 000 diplômés, 50 000 jeunes par an se trouvent au chômage, soit trois sur quatre À quel point ce chiffre est-il crédible ? Nous savons que les appareils statistiques nationaux accusent un déficit de fiabilité. Ces chiffres donnent une indication approximative mais restent très en deçà de la réalité. Ainsi une étude de l'Office national des statistiques (ONS) montre que la proportion des jeunes chômeurs sur le total des chômeurs est de 43,2%. 72% des demandeurs d'emploi sont âgés de moins de 30 ans. Ce « chômage » touche davantage les universitaires et plus particulièrement les diplômés : alors que le taux de chômage parmi la population n'ayant aucun diplôme est estimé à 7,3%, celui des diplômés de l'enseignement supérieur atteint 21,4% (11,1% chez les hommes et 33,6% chez les femmes)" selon cette même étude. La notion de chômage est dans ces conditions, elle-même est problématique. Elle ne comptabilise pas les jeunes diplômés qui ont une occupation temporaire et conjoncturelle ou qui versent dans l'économie informelle.  Or beaucoup de ces jeunes demandeurs d'emploi occupent des emplois sans la moindre relation avec la formation reçue approfondissant ou aggravant ainsi leur précarisation sociale et psychologique.    Ces jeunes diplômés se trouvant au chômage  n'ont donc aucune perspective d'avenir ? Sinon quelles sont les limites des « voies parallèles » qu'ils empruntent  pour s'épanouir professionnellement. Sauf pour de rares exceptions. Les « voies parallèles » qui peuvent se présenter à cette catégorie de la population ne le sont que de façon aléatoire et éphémère et ne permettent donc pas à ces jeunes diplômés de « s'objectiver ». Or c'est seule cette possibilité d'objectivation qui autorise une perspective d'avenir. En son absence les horizons demeurent frappés d'obstruction.   Dans le sonore qui suit, écoutons Nassim, notre jeune diplomé, dont le témoignage concorde avec l'analyse du sociologue. "Je travaille aujourd'hui pour survivre"affirme-t-il.   "La vie après les études, c'est travailler pour subvenir à ses besoins":     Et face aux horizons obstrués, Nassim pense que : "Le gouvernement doit au plus vite prendre en charge le problème du chômage":     Il y a cinq ans le gouvernement a lancé un dispositif pour répondre au problème du chômage en Algérie, notamment des jeunes diplômés. Mais ce dispositif n'a fait que marquer davantage les contours d'une crise qui se prolonge dans le temps  pour prendre de multiples ramifications.   Les "bouche-trous" du pré-emploi Aujourd'hui l'Algérie compte 600 000 travailleurs recrutés dans le cadre du pré emploi. Des jeunes qui sont recrutés dans ce cadre se sont organisés dans un mouvement de protestation  pour la première fois en 2011, soit près de quatre ans  après la mise en place de ce dispositif. Un comité dans lequel ils défendent leur droit d'accès à un travail digne. Depuis 2011, ils ont organisé plusieurs mouvements de protestation  pour dénoncer leur statut dans les entreprises où ils sont recrutés. Ils se qualifient alors de « bouche-trous » car les postes qu'ils occupent ne répondent pas à leurs ambitions.   Entertien avec Idriss, la trentaine, recruté dans le cadre du pré emploi, membre du  comité des pré employés: Vous êtes vous-mêmes diplômé de l'université. Résumez-nous votre parcours après l'université jusqu'à votre  accès à l'emploi via l'ANEM? En juin 2005, j'ai obtenu mon diplôme en sciences de l'éducation de l'université d'Alger, après quoi  j'étais au service nationale entre septembre 2005, et Mars 2007. Après avoir accompli le service national, j'ai du chômer 02 ans durant lesquelles j'ai participé à plusieurs concours de recrutement, jusqu'à avril 2009 où j'ai finalement décrocher un contrat dans le cadre du pré emploi. Racontez-nous concrètement  votre expérience professionnelle  dans le cadre du pré emploi? C'est-à-dire quelles sont les retombés du système du pré emploi sur votre carrière? Comme la plupart des prés employés, je ne travaille pas dans un poste de travail correspondant à mon profil de formation, car au travail, on doit exécuter n'importe quelle tache que l'employeur demande, sans prendre les qualifications en considération. Dans un établissement scolaire, je fais le travail d'agent administratif, adjoint d'éducation et d'autres taches, du coup, on se rend compte qu'on a pas acquis une expérience dans son domaine après une certaine période, car il s'agit d'une politique de bricolage, et non pas d'une vrai politique d'emploi. Que revendique aujourd'hui le comité des jeunes du pré emploi ? Le comité national des contractuels du pré emploi et filet social affilié au SNAPAP, depuis 02 ans, revendique l'intégration de tous les jeunes exploités dans ce dispositif dans des postes de travail décent et permanents, pour permettre à ces jeunes de regarder l'avenir avec sérénité et espoir, et pour une vie digne. Le travail est un besoin primordial, et un droit constitutionnel (Art 55 de la constitution). Malheureusement, les autorités algériennes continue à violer toutes les lois en vigueur, et les conventions internationales que l'état algérien a ratifié. Les syndicalistes et les militants des droits de l'homme sont réprimés et persécuté aujourd'hui en algérie.   Au final, le jeune diplômé algérien dont la formation universitaire ne répond pas  toujours  aux exigences du marché de l'emploi, comme par exemple le niveau en langues étrangères qui est souvent insuffisant est en face d'un défi majeur : se frayer une voie sur les chemins sinueux du marché de l'emploi  pour s'imposer socioprofessionnellement . Pour cela il doit souvent apprendre à se recycler...mais pour cela il doit payer. Résultat : pendant plusieurs années après, les études supérieures, le jeune diplômé  "clopine"...en attendant des jours meilleurs.

El Watan

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