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Le FLN au centre de la bataille présidentielle

Jour J pour le Front de libération nationale. Aujourd'hui, à la réunion du comité central du FLN à l'hôtel El Aurassi, le «vieux» parti engagera ses crédit et âme historiques mais aussi tout un avenir politique. Un quitte ou double et une épreuve de force (et/ou de soumission) déterminants pour aussi bien les partisans du boycott de la réunion (anciens du bureau politique coordonnés par Abderrahmane Belayat et les «redresseurs», membres du mouvement authenticité) que pour les soutiens et affidés à l'homme lige du «clan présidentiel», Amar Saadani, le sulfureux et très contesté secrétaire général du Front de libération nationale. A cinq mois de l'élection présidentielle, le piton FLN entre en phase d'érection. A l'ordre du jour de la réunion à haut risque d'El Aurassi, la composante à géométrie variable du bureau politique du parti. Derrière les enjeux apparents de disgrâce et/ou d'intronisation bis de Amar Saadani se profile la bataille à couteaux tirés de la présidentielle d'avril 2014 où luttes de pouvoir et d'influence, basse politique et argent sale jouent les hauts de l'affiche. Vendredi 15 novembre, veille de la réunion du comité central. A 24 heures d'un «schisme» qui ne dit pas encore son nom. Des membres du comité central (135 d'après les partisans de Belayat) annoncent dans un communiqué au vitriol, le deuxième après celui du 2 novembre dernier, leur «décision d'entamer la préparation effective de la réunion de la session légitime» du CC «pour l'élection, précisent-ils, d'un nouveau secrétaire général (...) conformément aux statuts et règlements du parti et aux lois de la République». Si aucune date n'est avancée quant à la tenue de cette «réunion», le FLN ne risque pas moins, à terme, de «dupliquer»... de la tête ! Un bicéphalisme en douce et en gestation. Appel au boycott de la réunion d'aujourd'hui certes, mais les partisans de Belayat en appellent aussi à la mobilisation active et vigoureuse des militants pour faire échouer le «complot» qui cible, selon eux, le vieux parti. «Nous attirons l'attention de tous les concernés, écrivent-ils, pour qu'ils se positionnent avec force contre la gestion des affaires du parti par la dérive, la corruption, le hold-up des postes de responsabilité, l'expropriation des prérogatives des instance et la volonté des militants et cadres du parti (...)». Cette «gestion risque, d'après les Belayat, de déposséder le FLN de son identité, le priver de son réservoir intellectuel, de sa base nationaliste, de saper sa crédibilité et l'entraîner dans les dédales de la déliquescence et de la dispersion». Anti-FLN dans sa «version Saadani» mais tout aussi réfractaire à la politique de la chaise vide et au mot d'ordre de boycott, Boudjemaâ Haïchour, ancien ministre (Jeunesse et Sports, Poste et TIC) dit avoir pris la décision de participer à cette réunion «organique» du CC pour pouvoir «infléchir» les décisions de ce dernier. Samedi 16 novembre n'est pas synonyme, estime-t-il, «d'apocalypse» pour le FLN, un parti, relève-t-il, qui n'est pas à sa «première grave crise du genre». Ce que vit le FLN aujourd'hui s'inscrit dans le «continuum des pratiques et méthodes ayant commandé» les désignations puis l'éjection successive de ses leaders respectifs depuis l'indépendance. «Je suis au parti depuis 1966, dit-il. Ces pratiques et méthodes ayant porté à la tête du FLN les Yahiaoui, Messaâdia, Mehri, Benflis et les a déposés ensuite, je peux vous garantir qu'elles sont toujours en vigueur.» A demi-mot, l'ancien ministre a presque souhaité que le président Bouteflika, président du parti, actionne les prérogatives «qui n'ont rien d'honorifiques» que lui «dévoluent» les statuts du parti afin de dépasser la crise actuelle. La solution passera inexorablement, selon lui, par «un congrès convoqué par le président du parti ou par les deux tiers du CC». Ni les résidus de l'ancien bureau politique coordonné par Belayat ni les Saadani boys & Co ne sont habilités, de par les statuts, à le faire. Redoutable machine électorale convoitée par nombre de candidats déclarés (ou en instance), le FLN est déjà au c½ur de la stratégie présidentielle : «Souvenez-vous, une des premières directives du président Bouteflika à son retour du Val-de-Grâce était de régler ce problème du FLN et au plus vite.» Cerné par des meutes d'affairistes de tous bords, lobbies et puissances de l'argent, Salah Goudjil est de ces résidus d'«idéalistes» opposés à toute forme de «zaïmisme». Parmi les principaux animateurs du mouvement de «redressement» du FLN, Goudjil considère d'emblée que la réunion d'aujourd'hui est un «non-événement». Le maquisard de la Wilaya I fonde tous ses espoirs sur la décision du Conseil d'Etat quant au recours introduit par la quinzaine de membres du CC suite à la réunion du 29 août dernier qui a porté au poste de secrétaire général du parti Amar Saadani. Autrement, Goudjil réfute toute collusion avec la démarche des partisans de Belayat. «Nous demeurons fidèles au principe de collégialité, dit-il. Les querelles de personnes ne nous intéressent pas. Nous voulons un fonctionnement démocratique, restituer la parole et la décision aux militants, aux instances du parti (...).»  

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