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La Guinée-Bissau reporte ses présidentielle et législatives

Les premières élections présidentielle et législatives en Guinée-Bissau depuis le putsch d'avril 2012, prévues dans neuf jours, ont été repoussées au mois de mars, selon un décret présidentiel globalement bien accueilli par la classe politique de ce pays chroniquement instable.

Ces élections doivent mettre fin à la transition politique entamée après un coup d'Etat militaire qui, le 12 avril 2012, entre les deux tours d'une présidentielle, avait renversé l'exécutif de cet Etat ouest-africain d'environ 1,6 million d'habitants.

Après le putsch, l'Union européenne (UE), principale partenaire de Bissau, avait suspendu son aide et plusieurs pays et institutions ne reconnaissent pas les autorités de transition mises en place avec l'appui de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Les scrutins avaient dans un premier temps été programmés pour mai 2013, puis repoussés au 24 novembre, avant d'être à nouveau décalés par le décret du président intérimaire Manuel Serifo Nhamadjo rendu public vendredi.

"Après avoir entendu le gouvernement de transition, les partis politiques et la Commission nationale des élections (CNE)", le président a décidé que "les élections présidentielle et législatives auront lieu le 16 mars 2014", selon ce décret.

L'initiative a été globalement bien accueillie par la classe politique.

Augusto Olivais, un responsable du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, pouvoir renversé en 2012), a estimé que la nouvelle date "n'est pas mal", sans plus de commentaires en attendant la position officielle du PAIGC sur le sujet.

Côté opposition, le Parti de la rénovation sociale (PRS, de l'ex-président Kumba Yala) a indiqué qu'il se conformera au nouveau calendrier, même si "nous aurions voulu que les scrutins se tiennent le 7 février 2014 pour avoir une grande participation des électeurs qui sont en majorité des paysans", a tempéré son président, Albert Nambéia. "Mars, c'est déjà  la campagne de commercialisation de la noix de cajou qui occupe tout le monde".

Les trois quarts de la population bissau-guinéenne tirent profit de la filière du cajou, principal produit d'exportation du pays, qui rapporte officiellement à l'Etat quelque 46 millions d'euros par an.

"Travailler avec sérieux" pour éviter un nouveau report

Pour Yaya Djalo, chef du Parti de la nouvelle démocratique (PND, opposition), la nouvelle date est "raisonnable". "Les partis auront suffisamment de temps pour se préparer. (...) Il va falloir travailler avec sérieux pour qu'il n'y ait pas de nouveau report", a-t-il déclaré.

Selon le ministre de l'Administration territoriale, Baptista Té, des opérations de recensement électoral seront organisées à travers le pays du 1er au 21 décembre.

"La cartographie est faite, nous n'attendons que le matériel pour le recensement qui doit arriver la semaine prochaine", a dit le ministre, qui n'a pas souhaité faire d'autres commentaires.

En décembre 2012, la commission électorale avait estimé qu'il fallait 30 millions d'euros, une révision du code électoral et un recensement biométrique pour organiser des élections crédibles.

La Cédéao (15 membres dont la Guinée-Bissau), qui contribuera au financement des scrutins, a de son côté récemment estimé leur coût à quelque 18 millions de dollars (13,4 millions d'euros), en précisant cependant que cela devait "être affiné".

Vendredi, une source au bureau de l'ONU en Guinée-Bissau a fait état d'un budget estimé à 14 millions d'euros, assurant que ce montant était déjà disponible et a été fourni entièrement par la communauté internationale. Cette source n'a pas précisé qui étaient les contributeurs.

La Guinée-Bissau a connu une succession de coups d'Etat avortés ou réussis, de mutineries et une guerre civile, en grande partie liée à l'hypertrophie de l'armée issue de la guerre pour l'indépendance contre le Portugal, gagnée en 1974.

Cette instabilité chronique a déstabilisé son économie et y a attiré au fil des années les cartels de la drogue sud-américains, qui en ont fait une des plaques tournantes du trafic de cocaïne en Afrique de l'Ouest.

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