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Le FLN, l’ex parti unique otage de la présidentielle

L'ancien chef du groupe parlementaire et membre du CC du FLN, Abbas Mekhalif s'est adressé, dans une lettre alambiquée aux autres membres du comité central. Rédigée dans un style acerbe, à la manière du fameux « J'accuse » d'Émile Zola, la missive interpelle les cadres du FLN à « réagir » face à l'état de « déliquescence que vit leur parti » et de « purifier le front de libération nationale de l'ivraie ».                                                                                           

Dans un arabe pamphlétaire, l'auteur fustige le FLN de Saadani et exhorte les membres du CC à prendre leurs responsabilités pour reprendre le parti et lui « redonner la place qui lui sied ». Mettant dos à dos le président d'honneur du parti, en l'occurrence Abdelaziz Bouteflika, sans le nommer et le CC, seul organe habilité à statuer entre deux congrès, le député de Skikda appelle à distinguer les rôles  et à ne pas confondre les prérogatives respectives. Dans son plaidoyer, Mekhalif et comme pour relever l'imbroglio, s'interroge sur ces prérogatives respectives et recourt à l'article 34 des statuts du parti ainsi qu'à l'article 35 du règlement intérieur. Ces derniers articles définissent le rôle du président du parti qui est effectif et n'a rien de simple titre honorifique. Lequel président est, entre autre, habilité à convoquer le congrès ainsi que la tenue de la réunion du CC en session ordinaire ou extraordinaire. Abdelaziz Bouteflika, jusque-là considéré comme « père spirituel » du FLN est de facto pleinement responsable devant les instances.

Par cette précision, le rédacteur de l'appel, tient à situer les responsabilités du président du parti comptable devant le collège des cadres du parti. L'ancien parlementaire rappellera aux cadres leurs « responsabilités vis à vis de leur conscience, devant les militants et face à l'histoire ».   Traditionnellement traversé par des conflits intestinaux, l'ancien parti unique ne semble guère apte à s'adapter au jeu pluraliste. Le vent d'ouverture qui a soufflé sur le pays dés 1990, n'a pas profité à l'ex appareil de l'Etat qui a fini par se prendre dans le tourbillon démocratique. Miné par ses courants politiques, le parti du FLN a du mal à briser ses chaines. La crise qui éclatera avec la candidature malheureuse d'Ali Benflis face à Abdelaziz Bouteflika en 2004 continue à larver. Les deux hommes, du même port, mais pas du même bord, finiront par créer la déchirure au sein de leur formation politique. La crise du FLN s'accentuera la veille des élections présidentielles de 2004, qui a vu le parti se scinder en deux, l'une pro Benflis, l'autre pro Bouteflika. Les graines de la scission, semées au cours des ans ont fini par germer, donnant un fruit fade et amer.   Subitement, le temps d'une joute électorale, le parti s'est retrouvé décapité et vidé de sa substance. L'exclusion de l'ancien chef du gouvernement et ex chef du cabinet du candidat Abdelaziz Bouteflika, « putsché » par les siens a déclenché la séparation de la base militante, dont une partie a suivi le secrétaire général déchu.

C'est la naissance du mouvement des redresseurs qui, dés 2003, avaient entrepris de s'organiser en parallèle en tenant leur congrès à l'hôtel El Aurassi. La crise a vite été portée à l'Assemblée populaire nationale où siégeaient 199 députés FLN. L'action est largement médiatisée par le président de l'APN de l'époque, Karim Younès, et le chef du groupe parlementaire, Abbas Mekhalif, tous deux favorables à Ali Benflis. Leur action finira par charrier un peu plus de la moitié de l'assemblée qui sera vite suivie par la base. Des mouhafadhas sont ainsi fermées et d'autres proches de Benflis se sont « autoproclamées ». La crise atteint son paroxysme et le dénouement se fait de plus en plus incertain. Le 9e congrès du FLN accentuera encore plus la crise interne et rendra caduques toutes tentatives de rassemblement. Son résultat finira par « créer » une nouvelle voie de dissidence, ramenant la contestation à trois tendances. Les précédentes législatives creuseront encore plus le fossé et la confection des listes envenimera la situation qui se compliquera en cette veille d'élections présidentielles notamment avec l'avènement d'Amar Saadani, parachuté à la tête du parti.    En 2013, le remake du scenario de 2004 amplifié par les sorties médiatiques insolites du nouveau et très contesté SG occupe les devants de la scène politique. La formation déjà éprouvée par le règne de Belkhadem est de nouveau ballotté entre deux candidats potentiels au même antagonisme, les élections présidentielles de 2014.

Azzedine Belferag

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