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Algérie-Burkina Faso : les supporters se préparent pour mardi

Les fumigènes, les drapeaux et les «one, two, three, viva l'Algérie» ont mis du temps à sortir. Mais pour le match retour de mardi contre le Burkina Faso à Blida, les supporters sont déjà chauds. «Ça y est. J'ai acheté trois drapeaux et des banderoles. Mes deux fils et moi sommes prêts à prendre la route dès mardi matin pour être les premiers à occuper les tribunes !»Dans son magasin de la Haute-Casbah, Abderezak Atoui, un passionné de l'équipe nationale et fervent supporter de l'USM Alger, est plus que jamais déterminé à soutenir les Verts pour le match retour contre les Etalons du Burkina-Faso, mardi au stade Mustapha Tchaker, à Blida. Si cette qualification à la Coupe du monde ne paraît pas soulever autant d'enthousiasme qu'en 2010, «c'est parce qu'il n'y a pas eu de problème comme cela avait été avec l'Egypte», assurent les supporters que nous avons rencontrés. «Mais cela ne veut pas dire que cette Coupe du monde ne nous intéresse pas, la pression va monter crescendo !», promettent-ils. Mardi soir, les klaxons et les youyous commençaient déjà à résonner dans les rues d'Alger-Centre où les drapeaux ont déjà été accrochés aux balcons. L'emblème national à la main, la tête penchées à travers les carreaux des véhicules décorés en blanc, vert et rouge, les premières familles sont sorties défiler à travers les boulevards. Dans certains quartiers, les préparatifs sont déjà bien avancés. Au coucher du soleil, direction l'un des quartiers les plus anciens d'Alger, à la Haute-Casbah où sahrat gardent toujours une saveur à l'ancienne. Nous nous sommes rendus rue Driss Hamidouche, qui donne sur la statuette de Baba Aroudj du côté de Bab Jdid,où une vue panoramique de la place des Martyrs surgit d'une ruelle cernée par des murs vétustes. Des drapeaux algériens suspendus d'un mur à un autre décorent el houma. Quelques vieux, assis devant leur porte, hissent la tête des deux côtés de la rue à chaque fois qu'un passant attire leur attention. «Bienvenue à La Casbah. Ce que vous voyez, c'est le climat d'avant-match !», lance Abderezak, 57 ans, mécanicien industriel, brun et maigre, au visage souriant, père de Moncef, 23 ans, et Oualid, 19 ans. «Ce sontmes enfants qui s'occupent de l'achat des tickets. Nous allons les battre et nous partirons au Brésil, inch'Allah où nous brandirons le drapeau vert et blanc au croissant et étoile rouges dans le pays de la samba.» Des inch'Allah ponctuent chaque mot prononcé par Abderezak qui exprime avec passion son attachement et son amour indescriptible à l'Algérie dont il dit qu'elle «lui a tout donné». «Personne ne peut vous mentir. Nous aimons tous notre pays et nous mourrons pour lui. C'est toute La Casbah qui se prépare pour être en force au rendez-vous», ajoute Abderezak en présentant sa fille, Lilia, 13 ans, grande admiratrice des Fennecs. «Comme mon père, je souhaite la victoire à notre équipe nationale», déclare Lilia, toute timide. À l'intérieur du magasin, Mustapha Sadi, l'ami d'enfance qu'Abderezak surnomme «kawitchou», est là aussi. Ce bijoutier de profession, 44 ans, promet «un score de quatre à zéro pour les Verts. Même Hassan Chehata (l'ancien sélectionneur de l'équipe nationale d'Egypte, ndlr) le dit !» Sur le sujet, Mustapha est intarissable. «C'est l'arbitre qui nous a fait perdre à l'aller. Nous pouvions réaliser au moins un match nul. Les arbitres africains n'évolueront jamais. Tous ceux qui viennent dans ce magasin et tous les gens que je connais à La Casbah se disent prêts pour aller assister au match à Blida. Même ceux qui prient, implorent la victoire des Verts dans leurs prières.» Dans le quartier, tout le monde se souvient de ce qu'Abderezak a fait le soir de la qualification de l'équipe nationale à la Coupe du monde en 2010 en Afrique du Sud. «Ivre de joie, je ne savais même pas ce que je faisais. J'ai demandé à ma femme de me mettre une robe blanche et à ma fille de me maquiller. Je me suis retrouvé avec cette tenue devant le siège de la DGSN, près de Bab El Oued. C'est la police qui m'a transporté vers la place Audin où j'ai dansé au milieu de cette avenue bondée. Je n'ai pas pu contenir ma joie. Même les policiers n'ont pas pu m'en empêcher. C'était vraiment une nuit de folie», raconte celui qui a fait pleurer ses amis de rire et promet d'organiser une fiesta en l'honneur des Fennecs s'ils se qualifient. Près du magasin d'Abderezak, il y a l'atelier de Khaled Mahiout, 63 ans, artiste menuisier. C'est ici que, chaque soir, ses amis se réunissent pour discuter des derniers détails concernant l'effectif et les derniers préparatifs de l'équipe nationale. «Les habitants de La Casbah sont chauvins. Ils attendent avec impatience cette rencontre. En ce qui me concerne, je verrai le match chez moi à la maison. Je suis trop vieux pour aller au stade. Mes enfants iront à ma place», avoue Khaled en insistant pour poser en photo, enroulé dans un drapeau algérien en mimant le salut militaire. «Vive l'Algérie, Tahya El Djazaïr et vive nos martyrs !» Plus en bas, sur le front de mer, du côté de Bab El Oued, l'ambiance diffère. Mohamed Lakdi, 38 ans, plombier, affirme qu'il assistera au match tranquillement chez lui, malgré l'amour indescriptible qu'il porte au football, notamment aux Fennecs qu'il souhaitait pourtant voir au stade. «Même le MC Alger que j'adore à en mourir, je ne le vois pas au stade ''khou'', à cause de l'insécurité, confie-t-il. Il n'y a plus de football. Nos stades sont politisés. Ils sont devenus des lieux d'agression, de débauche et de vol. 20% du public seulement viennent assister réellement au match. L'autre partie attend avec impatience ce genre d'occasions pour agresser, voler et régler des comptes entre ''houmate''. Et puis, je vous assure que la plupart ne remplissent les tribunes que pour se défouler en lançant des slogans politiques et chanter leur ras-le-bol. Il ne faut pas oublier que les événements du 5 Octobre 1988 sont partis du stade de Bologhine.» Son ami pompier, qui tient à garder l'anonymat et qui a l'habitude de travailler dans ces conditions, confirme en avançant des chiffres qui donnent froid dans le dos. «Il faut savoir que les matchs disputés au stade du 5 Juillet où je travaille souvent causent des dégâts humains énormes. Nous avons recensé 3 morts et 170 blessés durant le dernier match du championnat disputé entre le MCA et l'USMA. Deux sont tombés des tribunes, tandis que le troisième a été poignardé. Et lors du dernier match de l'équipe nationale contre le Mali, joué à Blida, il y a eu 240 supporters blessés.» Selon lui, les incidents sont inévitables. «Les morsures des chiens des agents de sécurité causent aussi des blessures. A cause des faux tickets, il n'y a pas de place pour tout le monde. Mais les supporters, qui ont leur ticket, veulent entrer à tout prix et pour ça, ils essaient d'escalader les murs.» Pour les deux amis : «Une rencontre comme celle de l'équipe nationale est une aubaine pour les voleurs et les agresseurs, car elle rassemble des gens venus des quatre coins du pays, ''baranya'' comme ils disent. Quant à ceux qui veulent critiquer le pouvoir, le stade leur garantit l'anonymat. Personne ne risque de venir les interpeller.» Près de l'esplanade de Kitani, à Bab El Oued, une quinzaine de jeunes venus à bord de trois véhicules blancs s'arrêtent au milieu de la route pour manifester leur soutien aux Verts. Questionné sur l'ambiance de la préparation du match, l'un d'eux affirme : «On se prend pas trop la tête. Je travaille dans un parking et ça fait déjà plus d'une semaine que j'économise pour pouvoir partir au stade et passer la journée du match et celles d'après ''intik''. Car j'en suis sûr, nous allons gagner.» Son ami s'ingère dans la discussion : «Un match de cette ampleur, ça se fête non ? Nous adorons notre équipe et nos joueurs. Et nous serons toujours derrière eux.» Fumigènes à la main, sous les «One, two, three, viva l'Algérie», les passants et les conducteurs ont droit à un moment de distraction. Comme un avant-goût de l'ambiance qui règnera cette semaine.

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