mis à jour le

Thon rouge : l’Algérie saura-t-elle défendre son prochain quota ?

Une importante délégation du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques (MPRH) sera l'hôte de la ville sud-africaine du Cap où se tiendra, à partir de ce samedi et jusqu'au 26 novembre, la réunion ordinaire de Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT), avons-nous appris auprès de la direction de la pêche de Annaba. Lors de cette rencontre seront négociés les quotas de pêche du thon rouge qui seront alloués aux 48 membres : l'UE, les Etats-Unis, le Canada, le Japon, plusieurs pays méditerranéens dont l'Algérie, le Maroc, la Tunisie, l'Egypte, et la Syrie, ainsi que le Mexique, la Norvège, l'Islande et le Brésil. Nos représentants sauront-ils être suffisamment persuasifs pour obtenir de l'intransigeante organisation intergouvernementale de pêche une révision à la hausse du contingent de l'Algérie ? D'autant que l'année dernière, promettait l'ICCAT au terme de sa 18e réunion extraordinaire qu'a abritée la ville d'Agadir (Maroc), «le quota de l'Algérie, pays qui a perdu une bonne partie de sa part depuis 2010, sera considéré de manière prioritaire lors des prochaines révisions de l'allocation et du taux des prises admissibles (TAC)». Un autre facteur est susceptible de plaider en faveur de notre pays : le pavillon national a, c'est une première, réussi à pêcher la totalité des 143,83 tonnes de thon rouge allouées à notre pays, se félicitait il y a quelques jours sur les ondes de la Chaîne III, Sid Ahmed Ferroukhi, le ministre de la Pêche. Un volume qui pèse 1,073% sur les 13 400 tonnes représentant le TAC annuel fixé par l'ICCAT lors de sa 18e réunion extraordinaire. Et ce, en plus de l'allocation supplémentaire et temporaire de 100 tonnes/an au titre des années 2013 et 2014, en vue des révisions futures dont a bénéficié notre pays, a ajouté le ministre. Se voulant rassurant quant à la santé de la biomasse nationale, estimée à 600 000 tonnes, il a souligné, dans la foulée, que l'heure n'était pas à l'inquiétude. «Il n'y a pas d'effondrement des stocks de pêche», a-t-il déclaré, s'appuyant sur les dernières évaluations faites sur les petits pélagiques ainsi que sur, vraisemblablement, les conclusions du Comité permanent pour la recherche et les statistiques (SCRS) relevant de l'ICCAT. En effet, lors d'une réunion en octobre dernier à Madrid, cet organisme scientifique avait souligné que pour la première fois en dix ans, un rétablissement du stock de thon rouge a pu être relevé, émettant toutefois de «larges réserves quant à l'ampleur de ce recouvrement». Mettre au point et développer un dispositif comprenant de nouveaux procédés et approches de modélisation et de données d'entrée pour les évaluations en vue de «minimiser les incertitudes» est, en outre, ce à quoi ½uvrent actuellement les chercheurs et océanologues du SCRS. Un dispositif appelé à être mis en ½uvre lors de l'évaluation des stocks en 2015 puis tous les trois ans, a-t-on précisé.