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Que faire en cas de catastrophe naturelle majeure ?

Le phénomène des embouteillages, déjà permanent au niveau de la capitale, s'aggrave, compliquant le quotidien des Algérois. Au-delà des désagréments subis, la situation est porteuse de gros dangers en cas de survenue d'une catastrophe à Alger et sa périphérie. Coincé dans un de ces interminables embouteillages qui rythment, ces dix dernières années, le quotidien de la capitale, on ne peut s'empêcher de penser à ce qui pourrait arriver aux usagers de la route et, plus largement, aux Algérois dans leur ensemble si une catastrophe naturelle majeure venait à se produire. Outre la panique mortelle qui pourrait s'emparer des automobilistes et de leurs accompagnateurs, le blocage de la circulation induit par les tentatives désespérées de fuite seraient de nature à obstruer les voies publiques (couloirs de secours y compris) et empêcher en conséquence l'évacuation des blessés. Des milliers de personnes pourraient laisser la vie dans ces gigantesques pièges qui n'épargnent aucune des artères de la capitale et de ses banlieues, toutes affectées par des embouteillages permanents. A cette amère réalité s'ajoute celle des accès étroits et constamment saturés des parkings et accès aux hôpitaux, qui ne peuvent de ce fait accueillir qu'un nombre limité de blessés qu'on ne pourrait à l'évidence acheminer, dans le meilleurs des cas, qu'à pied. Ce piège mortel qui peut se refermer sur les Algérois en cas de catastrophe naturelle majeure n'est pas du tout une vue de l'esprit. Une étude réalisée par une équipe de sismologues japonais, juste après le tremblement de terre qui avait affecté la région de Boumerdès le 21 mai 2003, en avait clairement fait part aux autorités concernées. Les quartiers les plus vulnérables comme Alger Centre, Hussein Dey, El Harrach et Dar El Beïda ont même été désignés par ces experts venus d'un pays habitué aux séismes de grande magnitude, comme ceux auxquels il faudrait accorder davantage d'attention tant le nombre de victimes sous les décombres et par défaut d'acheminement vers les centres de soins serait important. L'étude a pourtant été rendue publique en 2005, à une époque où le nombre de véhicules en circulation dans la capitale était beaucoup moins important qu'aujourd'hui. Le trafic routier, qui était déjà problématique à cette période, a en effet enregistré pas moins de 850 000 véhicules supplémentaires auxquels il faut ajouter environ 400 000 automobiles de passage, venus saturer un réseau routier qui n'a pratiquement pas évolué. Ce sont ainsi pas moins de 1,6 million de voitures qui circulent quotidiennement dans l'agglomération algéroise avec tout le cortège de nuisances (bouchons à toute heure, pollution, stress permanent, etc.) résultant de cet interminable flux que les services de police ne sont plus en mesure de réguler tant il leur échappe structurellement. L'absence de signalisation routière, l'inexistence de feux tricolores, les dos d'âne improvisés, l'exiguïté et le manque d'entretien des trottoirs ont en effet favorisé un partage anarchique et parfois même violent de la voie publique entre piétons et automobilistes contre lequel il impossible de lutter dans les conditions présentes. Un nouveau plan de circulation, conforté par de nouvelles infrastructures routières, la mise en place d'équipements de régulation (feux tricolores notamment), le renforcement du transport public de voyageurs et une législation plus coercitive à l'encontre des contrevenants sont plus que jamais nécessaires si on veut donner un surcroît de fluidité et de discipline à la circulation automobile dans la capitale. Ce problème majeur, qui pourrait virer au cauchemar en cas de catastrophe naturelle ou d'émeute violente, est d'une extrême gravité car il pourrait être, comme le confirment l'étude japonaise et certaines observations d'experts du Contrôle technique de la construction (CTC), à l'origine d'une hécatombe comparable à celle qui pourrait résulter d'un conflit armé. C'est pourquoi il est important et urgent que les plus hautes autorités politiques algériennes (le Haut-conseil à sécurité présidé par le chef de l'Etat, par exemple) se penchent au plus tôt sur la question en prenant des décisions à la hauteur du très grave danger qui guette la capitale et, sans doute, d'autres grandes villes du pays. 

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