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Les Urgences du CHU de Casablanca : au secours !

La santé au Maroc souffre toujours, les Marocains ne cessent de le crier haut et fort. Le pays a toujours du mal à couvrir les besoins de la population et les drames s'enchainent.
À la première vue des urgences du CHU de Casablanca, tout apparait normal. Une belle façade, propre, bien refaite qui donne l'impression que ce service est le plus propre et le plus accueillant de tous les services de l’hôpital. Dès que nous franchissons la porte toutefois, l'odeur des égouts nous prend à la gorge.

Les habitués des urgences en ont pris l’habitude ; la preuve, ils se baladent comme si de rien n'était. À peine l'entrée passée, le paysage commence à changer et devient choquant. Des malades allongés partout sur des lits sales, des bancs à moitié cassés, et même par terre, près des poubelles entassés dans les coins du service. Les patients arrivent aux urgences dans des états catastrophiques via des voitures, des taxis, des motos… tout sauf des ambulances, qui sont stationnées à l’intérieur mais ne bougent pas.

Les infirmières rassemblées un peu plus loin papotent entre elles alors que d'autres sont parties manger, quand bien même ce n'est pas l'heure de leur pause.
Les médecins ont disparu du service pour céder place aux stagiaires. Ces derniers manquent d’expérience et de matériels. «Je suis là depuis 6 mois, j’habite ici désormais, je ne peux plus bouger et on refuse de me traiter. Je suis arrivé avec une fracture à la jambe. Le médecin m'a dit que j'avais besoin d'une chirurgie pour implanter des dispositifs dans mon os cassé. Ce n'est que par la suite que j'ai su que cette personne n'était pas médecin dans le service, mais stagiaire ; d'ailleurs il n'est plus ici», explique un vieux monsieur allongé par terre à l'entrée des urgences. «Je n'ai plus personne pour m'aider et subvenir à mes besoins ; quand je suis arrivé ici le premier, ils m'ont dit d'attendre quelques jours, car ils doivent passer une commande pour mes prothèses vu qu'ils n'en ont pas. Six mois après, je n'ai toujours pas eu mes prothèses car elles ne sont toujours pas arrivées», reprend le même monsieur.
Pas loin, un autre homme est allongé par terre sans bouger et ne parle plus. «Cela fait 2 jours qu'il est comme ça, on a peur de venir vers lui pour voir s'il est toujours en vie», explique une femme qui est assise en face. «J'ai payé 20 dirhams aux agents de sécurité pour qu'ils me laissent rentrer. L'autre fois je n'en ai payé que 5 mais ce n'était pas la même personne, l'ancien agent de sécurité était plus gentil il demandait moins d'argent».

Des membres d'associations font des va-et-vient dans les couloirs et promettent aux gens de les aider. «Ils ne reviennent jamais, ce sont juste des paroles en l'air. Nous les avons tous crus au début, ils viennent tout le temps, demandent nos coordonnées et nos besoins, les notent sur leurs cahiers et disparaissent à jamais», explique la même femme.
À première vue, ce sont des médecins qui examinent les quelques patients chanceux, mais une infirmière nous déclare que les médecins ne viennent que rarement au service. Ils sont remplacés par des stagiaires qui manquent d'expérience dans le domaine, et ne savent même pas comment se comporter avec les gens.

L'état des lieux est lamentable, les structures sanitaires sont défaillantes, les équipements médicaux quasi-inexistants et les agents de sécurité corrompus. Une chose est sûre, la santé au Maroc est très malade.

Hajar Hamri

 

Crédits Photos : Ahmed Boussarhane

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