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Mozambique: enlèvements et affrontements armés font peur aux touristes

Une série d'enlèvements et des affrontements armés rappelant douloureusement la guerre civile menacent de faire fuir les touristes qui, depuis le retour de la paix, viennent en nombre profiter des plages de rêve du Mozambique.

Alors qu'approchent les vacances d'été de l'hémisphère sud, les hôteliers, voyagistes et commerçants des stations balnéaires de la côte mozambicaine devraient préparer l'arrivée des estivants, qui viennent en majorité de l'Afrique du Sud voisine. 

Mais les affrontements se sont intensifiés ces dernières semaines entre les combattants de l'ancienne guérilla de la Renamo et l'armée dans le centre du pays. Les pires depuis la fin de guerre civile, qui avait fait près d'un million de morts entre 1977 et 1992.

La plupart des stations balnéaires mozambicaines sont situées au sud de la zone concernée mais des escarmouches et des attaques de voitures civiles sur un court tronçon de la route nationale 1 --l'unique axe routier nord-sud du pays-- en ont effrayé plus d'un.

"Tout le monde est inquiet. Tout le monde nous pose la question, et nous répondons que nous attendons la suite", témoigne le Sud-Africain Boet Boshoff, qui dirige un petit village de vacances au sud de la zone agitée.

Les attaques de civils, qui ont fait quelques morts, ont été attribuées à la Renamo, l'ancienne guérilla anti-communiste pendant la guerre civile qui s'est reconvertie en parti d'opposition une fois la paix revenue, mais qui a regroupé des combattants armés dans la brousse l'an dernier pour obtenir du gouvernement un meilleur partage des richesses du pays.

Des convois protégés par l'armée ont bien été organisés, mais ils n'ont rien fait pour apaiser les inquiétudes, et les habitants commencent à ressentir les effets de la crise.

"Les touristes sont rares, très rares. Ils ont peur", se désole Issuf Maarise, qui possède un relais routier tout près de là. "Ils tirent. Ces gars-là n'ont peur de rien. L'armée du Mozambique, elle détale tout de suite!"

Un homme d'affaires sud-africain, Bhekisisa Dhlamini, a osé se rendre dans la région la semaine dernière. Son convoi a été attaqué et il a été assez grièvement blessé.

"Il a une côte cassée et son bras a été brisé par deux balles. Il a eu beaucoup de chance, parce que la voiture est foutue. Il y a une vingtaine de balles dans la voiture", a relevé son épouse Sandra Cumbi.

Quatre autres personnes ont été blessés dans l'embuscade, selon la presse locale.

Le gouvernement assure les touristes et investisseurs étrangers que la situation est voie de normalisation. L'armée est passée à l'offensive, prenant les bases de la Renamo.

Mais parmi les vacanciers qui avaient versé des arrhes pour les congés de décembre et janvier, nombreux sont ceux qui cherchent maintenant à reporter leur séjour.

"Naturellement, les clients ont des craintes. Ils ont déjà payé, et ils ne veulent pas perdre leur argent", a déclaré à l'AFP le directeur national du tourisme Martinho Muatxiwa.

"Pour le moment, ils attendent de voir comment la situation évoluera, nous ne sommes pas encore en décembre", note-t-il.

Les ambassades de France et du Royaume-Uni, entre autres, ont déconseillé le centre du pays.

Les analystes minimisent la probabilité d'un retour à une guerre civile, mais les professionnels comme Boet Boshoff sont de plus en plus préoccupés.

"Si cela continue, nous allons leur conseiller de ne plus venir du tout", dit-il de ses clients.

Le tourisme contribue à environ 6% de l'économie de ce pays pauvre mais à forte croissance.

En outre, la vague d'enlèvements qui frappait depuis deux ans des hommes d'affaires fortunés --surtout musulmans-- dans le sud touristique a commencé à toucher des enfants et des expatriés, au point que le géant minier Rio Tinto a demandé de partir aux familles de ses employés étrangers, par mesure de précaution.

Selon les analystes, ces enlèvements sont le fait de mafias profitant de la faiblesse des forces de l'ordre. Ce qui ne rassure pas non plus les touristes.

 

 

 

AFP

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