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Arabie: près de 23.000 Ethiopiens se sont rendus aux autorités

Quelque 23.000 Ethiopiens en situation irrégulière se sont rendus à la police depuis le début il y a dix jours d'une campagne des autorités saoudiennes contre les immigrés illégaux, émaillée de violences, a indiqué l'ambassadeur d'Ethiopie dans le royaume à un journal mercredi.

L'ambassadeur, Muhammed Hassan Kabiera, a affirmé au quotidien Arab News que les violences du week-end dernier dans le quartier de Manfouha à Ryad où se concentraient la plupart de ses compatriotes étaient dues au fait que "les travailleurs illégaux étaient frustrés car ils ne savaient pas comment procéder pour se rendre à la police". 

"Ils sont descendus dans la rue, ce qui a provoqué des affrontements avec des jeunes (Saoudiens) dans le quartier", selon lui.

La reddition des immigrés en situation irrégulière s'est accentuée à la suite d'émeutes dans la nuit de samedi à dimanche à Manfouha.

Selon le gouverneur de Ryad, le prince Khaled ben Bandar, cité mercredi par la presse, trois personnes ont été tuées, un Saoudien et deux étrangers en situation illégale, dans ces affrontements entre étrangers d'un côté et habitants saoudiens et policiers de l'autre. Le gouvernement éthiopien a pour sa part fait état de la mort de trois de ses ressortissants.

"Nous avons été informés que quelque 23.000 Ethiopiens se sont rendus jusqu'à présent" aux autorités qui oeuvrent à les rapatrier, a déclaré l'ambassadeur. Selon lui, ils ont été placés dans des centres en attendant leur expulsion.

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères avait dénoncé la mort de ses ressortissants, affirmant que "le fait de tuer des civils innocents est injustifiable".

Les autorités saoudiennes ont commencé à expulser massivement des clandestins après l'expiration le 4 novembre d'un délai de sept mois qui leur a été donné pour qu'ils régularisent leur situation ou quittent le riche royaume pétrolier.

Plus de 900.000 étrangers en situation irrégulière ont déjà quitté le royaume depuis le début 2013.

Le prince Khaled a assuré "qu'aucune communauté en particulier n'est visée" par cette campagne, mais qu'elle est dirigée "contre tous les étrangers qui contreviennent aux lois de résidence et du travail dans le royaume".

"Les campagnes de perquisition menées par les ministères de l'Intérieur et du Travail se poursuivront jusqu'à ce qu'il n'y ait plus dans le royaume d'étrangers en situation illégale", a-t-il dit.

Les autorités estiment que cette politique devrait permettre de réduire le nombre d'immigrés, estimé à 9 millions sur quelque 27 millions d'habitants, et de mieux les contrôler.

AFP

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