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Ahmed Hamdaoui, président de l'Association des agences du tourisme et de voyages de Tamanrasset, critique sévèrement le discours du chef de l'Exécutif qui, selon lui, a totalement ignoré les activités touristiques, le gagne-pain de milliers de personne. - Vous avez été très déçu par la visite du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à Tamanrasset, qui, selon vous, augure la mise à mort du tourisme saharien. Pouvez-vous être plus explicite ?   L'intervention du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à Tamanrasset a été catastrophique pour nous. Elle démontre que le tourisme est totalement ignoré par le chef de l'Exécutif, alors que les attentes des habitants de cette région sont très liées à cette préoccupation. Lors de son long discours devant les notables, de nombreuses voix se sont élevées dans la salle pour crier à plusieurs reprises «Siyaha, siyaha» (tourisme, tourisme). Une manière de dire au Premier ministre que l'avenir de cette région est dans le tourisme saharien. Mais celui-ci nous a choqués par ses propos. Il a enterré le tourisme et il nous a présenté ses condoléances. Avec son discours, il a balayé tout espoir de remettre Tamanrasset sur les rails du développement. L'avenir de cette ville fait peur.   - Pourtant le Premier ministre connaît Tamanrasset et y est connu pour y avoir exercé en tant que wali...   Justement c'est cela qui nous a le plus intrigués. Il est l'un des rares responsables à connaître les vrais problèmes de la région. De ce fait, personne ne s'attendait à ce qu'il prenne une décision qui puisse mettre en colère une grande partie de la population.   - Qu'attendiez-vous de sa visite ?   Nous nous attendions à ce qu'il fasse un geste, ne serait-ce que pour encourager les professionnels à faire face à la crise en axant sur le tourisme domestique. Nous ne parlons plus du réceptif, en raison de la situation particulière que vit la région. Mais nous avons une alternative qui est le tourisme local, qu'il faudrait promouvoir et encourager. Nous pensions que cette visite allait apporter un nouveau souffle aux activités touristiques, puisqu'il y a quelques semaines seulement, nous avions transmis un rapport circonstancié de la situation ainsi que les solutions à apporter. Le premier est lié aux répercussions qu'ont eu les événements qui secouent nos frontières sur les activités des agences. Celles-ci ont subi d'énormes pertes et beaucoup ont été obligées de mettre la clé sous la porte. Nous avons demandé un effacement de la dette fiscale. Des mesures ont été prises cette année, mais les services des impôts ont écarté les agences du dispositif, qui, selon eux, ne concernent que les établissements touristiques. Pourtant, la loi 06/98 a clairement défini les agences de tourisme comme étant des établissements touristiques et commerciaux, alors pourquoi veut-on les priver de cette aide d'autant plus qu'au Sud, celles-ci possèdent un parc roulant, des hôtels, des gîtes, des auberges, des campings... Elles diffèrent totalement de celles qui activent au Nord ? L'autre point soulevé a trait à l'investissement. Nous avions cru que le Premier ministre allait relancer ce volet en annonçant l'extension de la zone d'extension touristique (ZET), après 25 ans de sa création, il nous a choqués en décidant de son déplacement dans une autre région. Pourtant il y a quelques semaines, un travail colossal a été consenti au niveau local, alors qu'un rapport allant dans le sens du lancement des activités de cette ZET a été remis personnellement, le 28 septembre dernier, au Premier ministre. Il portait justement sur la nécessité de l'extension de la zone et du lancement de ses activités. Transférer cette zone, veut dire sa mise à mort.   - Pourquoi ?   Tout simplement parce qu'il nous faut encore attendre 25 ans pour pouvoir démarrer la ZET, et l'investissement, comme cela a été le cas, pour celle qui vient d'être transférée. C'est catastrophique pour la région. Elle ne mérite pas une telle démarche.   - Qu'avez-vous décidé à l'issue des réunions de cette fin de semaine ?   D'abord nous disons au Premier ministre que le message a été bien compris. Il vient d'enterrer définitivement le tourisme à Tamanrasset. Nous pensons à abandonner nos licences pour faire autre chose. Cela est possible, mais sera-t-il capable de donner du travail aux 5000 familles qui vivent des activités touristiques ? Nous aurions aimé qu'il aille rendre visite aux petits villages isolés où les chameliers sont en train de vendre leurs dromadaires pour nourrir leurs enfants. D'ici quelque temps, il n'y aura plus de chameaux à Tamanrasset, et probablement nulle part ailleurs. Mais nous n'allons pas continuer à subir les erreurs des autres. Comme nous l'avons toujours fait dans les moments les plus difficiles que nous avons traversés, il faudra encore des sacrifices pour éviter le pire à notre activité. Nous comptons beaucoup sur l'intervention du premier magistrat du pays que nous allons solliciter par écrit. Nous espérons obtenir une réponse le plus tôt possible, avant qu'il ne soit trop tard...  

El Watan

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