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La famille crie

Depuis son éclatement en 2005, l'affaire de la GCA semble s'être perdue dans des dédales procéduraux (pourvois multiples en cassation), piégée par le défaut d'empressement des pouvoirs publics à lutter contre la corruption. Maître Kouider Guesmi, avocat de feu Cherif Medjouel, ex-directeur de la Générale des concessions agricoles (GCA) Sud, décédé mardi à la maison d'arrêt de Ouargla où il croupissait depuis 6 ans et demi dans l'attente d'un procès, n'y va pas par quatre chemins : «La mort de Medjouel est dramatique dans la mesure où elle succède à près de 7 longues années d'attente où toutes nos demandes de mise en liberté conditionnelle ont été systématiquement refusées par les trois magistrats de la chambre d'accusation, alors que les trois cassations qui ont retardé la mise en rôle de l'affaire et le jugement de mon client ont été introduites par les 8 personnes qui sont restées en liberté et qui comparaîtront libres le 19 novembre.» Pour cet ex-magistrat et ami du défunt, «le code de procédure pénale doit être totalement révisé pour asseoir les règles d'une justice équitable, respectant la dignité humaine et les droits de l'homme». Me Guesmi estime par ailleurs que «l'évocation par une certaine presse d'une mort suspecte de M. Medjouel, qualifié de surcroît injustement de 'boîte noire' de l'affaire de la GCA, est totalement mensongère vu que le rapport d'autopsie effectuée à la demande du parquet de Ouargla a conclu à une mort naturelle due à une crise cardiaque». Selon notre interlocuteur, «ni la famille du défunt ni moi-même ne réfutons ces conclusions, j'ai moi-même contacté l'épouse du défunt peu avant l'autopsie, qu'elle a dit ne pas approuver, ceci ne veut nullement dire que la famille veut taire quelque chose, mais il se trouve que nous avons compris qu'il s'agit d'une mort naturelle, Dieu en a voulu ainsi et nous acceptons la volonté divine». Me Guesmi, qui a refusé de donner des détails sur l'affaire avant son jugement pour préserver les autres parties, déclare que son client nourrissait l'espoir de sortir acquitté et prenait toujours acte de ses conseils. «Il était respecté de tous vu ses qualités humaines ; c'était un personnage connu pour sa réserve et son sérieux, s'il avait été maltraité ou mis sous pression, nous aurions pris les devants mais il se trouve que personne ne croit qu'il s'est tu pour protéger une quelconque personne influente, il ne s'est jamais tu, il s'est défendu jusqu'au bout et il était très confiant lors de notre dernier entretien qui remonte à quelques semaines. Vous savez, s'il avait survécu à son malaise, j'aurais eu beaucoup de choses à dire à l'audience, mais il se trouve qu'il est mort.» Du côté de la famille Medjouel, la douleur et la consternation sont intactes. Un sentiment d'injustice est nourri par le fait que cette grande famille d'origine de Oued Souf est connue et respectée. Sami, le fils aîné du défunt, se remémore un père fidèle à son métier, à sa vocation d'administrateur : «Mon père est né pour être dans l'administration, nous sommes une famille de commerçants et de propriétaires terriens, nous avons des biens hérités de père en fils mais notre père n'avait pas du tout la fibre des affaires et du business. Je suis étonné de voir qu'on veuille salir sa mémoire.» Pour Sami Medjouel, «ce qui importait le plus à la famille c'était qu'il sorte de prison blanchi de ces accusations infâmes, nous étions sûrs de son innocence et nous ne voulions pas qu'il soit le bouc émissaire de qui que ce soit, d'autant plus qu'il avait une hiérarchie puissante». Sami est le père de deux jeunes garçons de 5 et 3 ans qui n'ont pas connu leur grand-père et espéraient le voir le 14 novembre. Pour rappel, le décès mardi dernier de Cherif Medjouel, ex-directeur régional Sud de la GCA a suscité un vif émoi dans la région, qui a vu l'expression de marques de sympathie de toutes les wilayas du sud du pays et le déplacement de délégations d'amis et de connaissances voire de citoyens venus assister, jeudi dernier, à l'inhumation du défunt et partager avec sa famille sa douleur. La mort de Cherif Medjouel revêt un caractère dramatique du fait même qu'elle est survenue en prison après plus de six ans de détention sous mandat de dépôt, le refus de toutes les demandes de mise en liberté conditionnelle introduites par son avocat (la dernière date de la veille de l'Aïd El Adha) mais aussi et surtout parce que cet acteur-clé de l'affaire de la GCA, du fait même de sa position en tant que directeur régional, devait comparaître le 14 novembre courant pour la première fois, depuis le déclenchement de l'affaire en mars 2007, dans le cadre de la session actuelle de la cour criminelle de Ouargla.

El Watan

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