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Le forcing des courtisans

Les partisans de Bouteflika ne ratent plus aucune occasion pour l'annoncer comme candidat à sa propre succession alors que l'homme garde, paradoxalement, un silence intrigant sur ses intentions. Bouteflika ne partira pas», assène le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à l'issue de sa visite officielle mercredi dernier dans la wilaya d'Adrar. «Bouteflika sera notre prochain Président», appuie le secrétaire général du FLN, Amar Saadani, qui a réuni, avant-hier à Alger, les mouhafedhs de son parti. «S'il (Bouteflika ndlr) décide de se présenter, il sera notre candidat», soutient le président de TAJ, Amar Ghoul, à partir de Tipasa où il a présidé une réunion des cadres de sa formation. L'opinion assiste, ces derniers jours, à une véritable course à l'allégeance. Une course dans laquelle les concurrents appartiennent tous au même clan au pouvoir depuis 15 ans. Après une période de doute suite à l'accident vasculaire cérébral (AVC), dont a été victime le chef de l'Etat à la fin du mois d'avril dernier, les professionnels des sérénades pour le 4e mandat repartent en campagne, depuis quelques semaines. Alors que le concerné, Abdelaziz Bouteflika, qui est toujours en période de rééducation fonctionnelle, tarde à afficher ses intentions, ses partisans tentent encore de faire croire à une candidature et une réélection inéluctable du chef de l'Etat. Pour cela, l'ancien ministre de la Solidarité puis de la Santé, Djamel Ould Abbès, chargé de récolter les motions de soutien à travers les wilayas pour le 3e mandat en 2008, se met de la partie. Ce dernier assure même que «le président Bouteflika va bien et qu'il mènera seul sa prochaine campagne». Pour appuyer ses prédications, l'actuel sénateur du tiers présidentiel rappelle même le cas de l'ex-président français, Jacques Chirac, victime lui aussi d'un AVC en septembre 2005. Mais la comparaison ne tient pas la route. Car Jacques Chirac ne souffrait pas d'une paralysie des membres et il n'avait pas brigué un autre mandat. Il avait, rappelons-le, terminé son deuxième mandat avant de céder la place à Nicolas Sarkozy en 2007. En occupant le terrain et en prêchant pour un quatrième mandat, les membres du clan présidentiel font mine d'oublier que le président Bouteflika, lui-même, s'est montré, en 2012, peu enthousiaste à briguer une nouveau mandat. Dans son dernier discours prononcé à la veille des législatives du 10 mai dernier, il avait lancé, devant une assistance qui l'exhortait à rester au pouvoir pour un quinquennat supplémentaire, sa fameuse phrase : «Tab djnana (notre temps est passé), la youkelfou Allahou nafsoun illa wasâaha (à l'impossible nul n'est tenu).» A l'époque, le président Bouteflika ne souffrait pas encore de handicap physique, même si son état de santé n'était pas au top. A-t-il changé d'avis depuis cette date ? Ses partisans veulent-ils endormir leurs adversaires et les empêcher de se préparer sérieusement à l'échéance de 2014 pour pouvoir élire un successeur qui protégera le clan présidentiel, dont beaucoup de membres risquent d'être rattrapés pas la justice pour leur implication dans de grosses affaires de détournement ? En tout cas, les signes du maintien du statu quo sont déjà visibles : Il y a d'abord «la consolidation de la paix, de la sécurité et le développement économique», pour Sellal, et «la mise en place d'Etat civil», selon Amar Saadani.

El Watan

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