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Revue de Presse. L’Algérie boycotte la rencontre sur le Sahel prévue le 14 novembre

L'Algérie a été invitée à participer à une conférence régionale pour le renforcement de la sécurité des frontières entre les pays du Sahel et du Maghreb, organisée par le Maroc le 14 novembre prochain à Rabat.

La confirmation est venue du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lors de la conférence conjointe avec le ministre de la Communication, Abdelkader Messahel, organisée hier à l'hôtel Aurassi : «Oui l'Algérie a été invitée à cette réunion. L'Algérie n'a jamais pratiqué la politique de la chaise vide». Mais Lamamra a mis un bémol.

«Dans mon agenda il n'est pas prévu de faire un tel voyage», dit-il. «Nous avons déjà participé en 2012 à une conférence sur la sécurisation des frontières libyennes, mais nous ignorons ce nouveau format de réunion sur les frontières du Maghreb et du Sahel», a répondu le ministre. Interrogé par un journaliste s'il allait lui-même participer, Lamamra a répondu par la négative tout en confirmant y avoir été invité.

«On verra après le niveau de notre participation à cette rencontre», s'est contenté de préciser le ministre. En plus clair, l'Algérie ne participera pas avec son ministre des AE mais bien avec son ambassadeur. Une façon sans doute de marquer sa protestation contre la violation des franchises diplomatiques du consulat à Casablanca.

Le Maroc, qui veut coûte que coûte jouer un rôle important dans cette région du Sahel, veut répondre ainsi à l'Algérie qui est soupçonnée d'être derrière l'organisation de la conférence internationale de soutien à la cause sahraouie prévue les 15 et 17 novembre à Rome où plus de 350 participants sont attendus, dont des parlementaires européens, des représentants de pays africains et de l'Amérique latine.

Plusieurs parlementaires européens, de représentants de la société civile africaine, de l'Algérie et du Nigeria, ainsi que des représentants de l'Union africaine et de pays de l'Amérique latine, notamment le Chili, prendront part à cette rencontre internationale de soutien à la cause du peuple sahraoui.

Cette rencontre intervient dans un contexte «particulier», marqué par la demande «insistante» pour l'élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination (MINURSO) à la surveillance et la protection des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés.

A vrai dire, Rabat n'a jamais apprécié le fait que l'Algérie soit le moteur de la coordination des états-majors des armées du Sahel (CEMOC) dont le siège est à Tamanrasset. «Notre attitude vis-à-vis du Maroc a été saluée par la communauté internationale....»

Le conflit né récemment avec le Maroc du fait de la provocation qui s'y est manifestée la veille du 1er novembre par l'arrachage de l'emblème national par un individu dans l'enceinte même du consulat à Casablanca a pris une proportion énorme lors de cet échange avec les deux ministres. Le ministre des AE a récusé le mot «fébrile» utilisé lors d'une question pour caractériser la position de l'Algérie vis-à-vis du conflit avec le Maroc.

«Non ! Je ne crois pas que notre position a été fébrile. Nous avons bien géré la confrontation. D'ailleurs, la communauté internationale a loué la sagesse, la pondération et la réserve de la position algérienne. Aujourd'hui le conflit n'est plus entre nous et le Maroc. Il est entre ce dernier et la communauté internationale du fait de la violation de l'espace diplomatique et consulaire.

Aujourd'hui la divergence du Maroc avec la communauté internationale est une donnée réelle. Il y a une violation du droit international. Il s'agit du respect de l'immunité des espaces consulaires». Interpellé encore une fois sur le silence d'Alger, Lamamra finit par répondre : «Parfois le silence est éloquent. Mais nous disons ce que nous avons à dire.

Maintenant les autorités savent ce qu'elles doivent faire pour sortir de cette impasse. L'Algérie a toutes les raisons de rejeter l'acte isolé. Les preuves visuelles existent. Nous voulons être associés à cette enquête. Il est normal que l'Algérie participe à cette enquête. Il existe des règles de conduite dans les relations bilatérales qu'il ne faut pas transgresser ».

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