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La visite royale

Deux communiqués publiés de façon quasi concomitante vendredi, ont annoncé à Washington et Rabat, que le Roi Mohammed VI serait reçu le 22 novembre prochain à la Maison Blanche par le Président Barack Obama. Et si l'annonce de ce séjour royal aux Etats-Unis avait déjà transpiré depuis plusieurs jours dans la presse nationale et étrangère, son impact psychologique, diplomatique et communicationnel n'en a pas moins été très fort après qu'on eût appris, en fin de matinée de ce vendredi 8 novembre, que le Secrétaire d'Etat américain annulait sa visite à Alger et Rabat prévue pour le 11 et 12 novembre.

La décision de John Kerry serait motivée par la tournure positive des pourparlers à Genève sur le nucléaire iranien lesquels entretiens nécessiteraient la présence du « patron » de la diplomatie américaine aux côtés notamment de ses homologues français et britannique.

Ce séjour royal à Washington, intervenant dans le contexte actuel de la tension algéro-marocaine, représente incontestablement un “coup dur” pour le pouvoir algérien et une victoire diplomatique majeure pour le Royaume. Elle réduit à zéro les gesticulations et les manigances orchestrées par Alger ces dernières semaines aux Etats-Unis, à l’ONU et à Bruxelles, autour de la question des prétendues violations des droits de l'Homme au Maroc et particulièrement dans nos provinces du Sud.

Le Pouvoir algérien, qui dépense des dizaines de millions de dollars pour acheter le soutien d' ONGs, de journalistes et de parlementaires aux quatre coins du globe, dans l'unique objectif de contrecarrer les efforts déployés pour un règlement définitif du dossier sahraoui, reçoit par l'annonce de cette visite, une gifle magistrale.

Le camouflet est d'autant plus fort que, selon les termes mêmes du communiqué publié par la Maison Blanche pour la rencontre Mohammed VI-Obama du 22 novembre, les deux chefs d'Etat évoqueront notamment les avancées et les réformes réalisées par le Royaume au cours des dernières années, la stabilité intérieure du Royaume et l'étroitesse de vues qui caractérise les approches de Washington et Rabat, « alliés stratégiques » sur les questions du terrorisme et de la sécurité dans la zone sahélo-saharienne.

La fin du balancier ?

Le déplacement du Roi Mohammed VI à Washington, en application de la promesse commune faite en mars dernier lors de l'entretien téléphonique avec le Président Obama, au plus fort de la « crise » née de la volonté de certains secteurs du Département d'Etat de mettre sous mandat international la problématique du respect des droit de l'homme dans nos provinces du Sud, traduit incontestablement la qualité des relations qui unissent aujourd'hui les deux Chefs d'Etat, au-delà sans doute, des ratés et des partis-pris de certains milieux diplomatiques américains.

On sait, en effet, que des ONG de la côte Est, notamment celle dirigée par la fille de Robert Kennedy, une partie de la presse, dont le Washington Post, ont mené et mènent toujours une campagne délibérément hostile aux thèses marocaines, secondés par de puissants lobbies financés par l'Algérie et qui s'activent dans les couloirs du Congrès US.

Ces milieux peuvent parfois arriver à leurs fins, comme on a pu le constater à la lecture du dernier rapport du State Department sur les Droits de l'Homme au Maroc, rédigé par d'obscurs diplomates de second rang en poste à Rabat, mais avalisé par la hiérarchie du Département d'Etat et certains proches de John Kerry...

Toutes ces manoeuvres cependant s'avèrent vaines et improductives, le Président Obama, seul comptable de la détermination et de la conduite de la politique extérieure des Etats-Unis, ayant délibérément opté pour une démarche empreinte de sagesse et de réalisme qui conduit Washington à se rapprocher du seul pôle de stabilité dans la région MENA et aux portes mêmes de la zone sahélo-saharienne, le Maroc.

Quoi qu'en disent nos adversaires, le Royaume est le seul acteur régional « fréquentable » par les Etats-Unis, comme en attestent les réelles avancés enregistrées dans le domaine des libertés publiques et individuelles, mais aussi la somme de réformes réalisées dans les champs institutionnel, politique, économique, social, etc.

Certes, Washington, pour des questions d'équilibre régional, du fait du poids de l'Algérie en tant que producteur de pétrole et de gaz, mais aussi en raison de son positionnement géographique  stratégique, avait toujours observé jusque-là une certaine équidistance entre Rabat et Alger. Cette attitude, compréhensive pour un Etat aux responsabilités et engagements planétaires, est aujourd'hui quelque peu modifiée, à un moment symboliquement très fort pour les deux Etats maghrébins qui vivent une tension née de la volonté du Pouvoir algérien de passer à la vitesse supérieure dans son engagement contre l'unité nationale et l'intégrité territoriale du Maroc.

Alors que Bouteflika faisait lire un discours inconvenant et déplacé, insultant pour le Maroc, lors d'une conférence « bidon » à Abuja au Nigéria, que le Souverain marocain lui donnait une réponse bien sentie lors de l'allocution du 6 novembre dernier («  Balayez devant votre porte, à Tindouf notamment, M. Bouteflika... »), c'est à ce momentum bien précis que la Maison Blanche et le Palais Royal ont décidé d'annoncer la rencontre pour le 22 novembre entre SM le Roi et le Président Obama.

Comment, dans cette conjoncture, ne pas y voir un encouragement et un soutien direct à la ligne diplomatique et politique déployée par le Royaume ?

Seuls les sourds et les aveugles pourront prétendre le contraire...

Fahd YATAmoustache7

La Nouvelle Tribune

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