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TRIBUNE. Les derniers jours de Saadani Par Azzedine BELFERAG

"Amar Saadani doit vite partir ! En s'attaquant au DRS, il a tout simplement tenté de porter un coup à la colonne vertébrale de l'État !", assènent des cadres de l'ex-parti unique. Ces derniers estiment qu'"il est incongru de s'attaquer à ce département qui assure les équilibres après que les autres institutions de la république eurent été galvaudées".

Le très esseulé Secrétaire général du FLN risque-t-il  d'en faire les frais et de payer pour avoir joué à la pipelette, d'en avoir même trop dit ? C'est fort probable eu égard à la gêne à peine cachée de son entourage, dont certains,s'estiment encore enclins à remplir le tonneau des Danaïdes. D'ailleurs, même ceux-là n'arrivent plus à colmater les brèches tant le personnage cumule lapsus sur impair. Tout laisse supposer aussi que la bravade portée à l'encontre du département de Toufik et considérée comme un crime de lèse-majesté ne passera pas sous silence. Le DRS, très à cheval sur la question de sa "souveraineté", ne ratera sûrement pas de relever le défi,pensent d'aucuns.

De son côté, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, principal "souffre-douleur" de Saadani et profitant des derniers retournements, semble pressé de reprendre position. Son "Bouteflika ne partira pas !", lancé à Adrar, ressemble à un cri de victoire indiquant la  reprise de la citadelle  de la communication présidentielle "spoliée" un temps par Amar Saadani. Des signaux qui ne trompent pas mais qui inspirent que l'infernale machine de guerre aurait été mise en route.

Auparavant un autre cri de l'hallali a été lancé par les 130 membres du comité central du FLN, réunis récemment à Alger,  sous la présidence de Abderrahmane Belayat. Les partisans du redressement rejettent les sorties médiatiques de leur chef contesté qui résument le paroxysme atteint par la situation générée par les tumultueuses déclarations de ce dernier Secrétaire général. Le communiqué paraphé par les frondeurs et contenant onze points notamment, celui concernant le DRS, ouvre grand la voie au putsch et encourage l'assaut.  Cet abordage serait prévu pour les prochains jours, espèrent-on. Une prémonition qui prédira qu' « une direction collégiale assurera le fonctionnement du FLN en attendant d'élire un nouveau secrétaire général » apte à diriger cette grosse machine à gagner des échéances politiques à commencer par les prochaines joutes électorales.

Paradoxe de la vie politique algérienne ! Le DRS qu'on dit terrassé par Bouteflika, ressuscite grâce à Amar Saadani. Plus ironique encore, le fameux département des services secrets algériens tant diabolisé au point d'être montré du doigt par la population comme ce mal qui ronge le pays est blanchi comme touché par la grâce au point d'être défendu par les partis politiques et admis par le citoyen comme ce mal nécessaire. L'architecte Bouteflika aurait-il donc péché par excès en portant son estocade et  tenter de momifier le général major Mohamed Mediene qui tel un phénix semble renaître de ses cendres ? Ne dit-on pas que ce qui ne tue pas rend plus fort !

A.B

 

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