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Nigeria: l'état d'urgence prolongé de six mois dans le Nord-Est

Le Sénat nigérian a approuvé jeudi la requête du président Goodluck Jonathan de prolonger de six mois l'état d'urgence décrété en mai dans trois Etats du Nord-Est, secoués par l'insurrection islamiste Boko Haram.

Les sénateurs ont approuvé à l'unanimité la demande de M. Jonathan de "prolonger l'état d'urgence dans les Etats d'Adamawa, Borno et Yobe dans les mêmes termes et conditions qu'approuvé précédemment", indique la motion du Sénat.

La Chambre des représentants, qui doit également approuver cette mesure pour qu'elle soit validée, a cependant mis fin à la session, jeudi, sans que ses membres ont voté. Ce vote pourrait avoir lieu vendredi ou la semaine prochaine.

L'état d'urgence avait été décrété par le chef de l'Etat en mai, quand les insurgés islamistes avaient pris le contrôle d'une partie du territoire, menaçant la souveraineté du Nigeria.

Au lendemain du décret d'état d'urgence, l'armée avait annoncé une vaste offensive qui avait pour but de mettre fin à cette insurrection, déployant des milliers de soldats dans le Nord-Est.

Dans une lettre envoyée mercredi aux membres des deux chambres du Parlement nigérian, M. Jonathan a estimé que "des succès considérables" avaient été enregistrés dans la lutte contre "les éléments terroristes", mais qu'il restait "des défis en matière de sécurité".

Le Chef de l'Etat a donc réclamé  une prolongation de l'état d'urgence "pour une période supplémentaire de six mois, prenant effet le 12 novembre 2013", à l'expiration de la période de l'état d'urgence précédent.

Les sénateurs ont demandé des clarifications quant à l'efficacité de l'action militaire dans le Nord-Est, réclamant notamment des comptes-rendus de la part des chefs des forces armées.

L'offensive militaire, bien que présentée comme un succès par Abuja, s'est heurtée à la poursuite et même à l'intensification ces dernières semaines des attaques meurtrières du groupe islamiste Boko Haram visant notamment la population civile.

Les attaques de Boko Haram, qui revendique la création d'un Etat islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman - contrairement au sud, à dominante chrétienne - et leur répression par les forces de l'ordre ont fait plusieurs milliers de victimes depuis 2009.

AFP

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