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Le système doit partir ! Tous ensemble, combattons-le !

1- Le blocage politique, jusqu'à quand ?   2013 coïncide avec le 59e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale, mais l'Algérie d'aujourd'hui, du moins celle qui a usurpé la parole de son peuple, a renié les principes de sa révolution. Depuis 2005, l'Algérie est «gouvernée» par un président qui n'est plus en mesure d'assumer ses charges et ses responsabilités. Pour résumer la situation : un seul Conseil des ministres depuis décembre 2012. Les spéculations les plus surréalistes vont bon train et la rumeur enfle. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que l'inquiétude gagne les milieux patriotiques et qu'en même temps, certains opportunistes politiques profitent de cette situation pour pêcher en eau trouble. Mais tout indique que le système prolonge sciemment la vacance du pouvoir pour prendre de court l'opinion et man½uvrer à sa guise. Au bout du compte, personne ne sait de quoi sera fait demain. Y aura-t-il amendement de l'actuelle Constitution ou bien référendum autour d'une nouvelle ? Une élection présidentielle à terme échu ou simple prorogation du mandat présidentiel ? De quelle durée ? Deux ans ou plus ? Comment ? Quelles significations politiques donner aux limogeages et nominations de personnalités dans les rouages du gouvernement et de l'Etat ? On pourrait se perdre en mille et une conjectures tant le flou artistique est devenu la trame même de la politique du pays. La scène politique est un théâtre d'ombres où les gesticulations de palais sont légion. En fait, cette opacité, l'atmosphère de malaise et de suspicion qui en découle sont entretenues de concert par le pouvoir, une myriade de ses partis «satellites» et des majorités proclamées. Une chose en revanche est certaine : ce brouillard politique encourage l'inertie générale, nuit aux activités économiques et sociales et jette le discrédit sur le pays, surtout depuis la mise en veilleuse des affaires de corruption Khalifa, Sonatrach, autoroute Est-Ouest, etc.   2- Une économie livrée à la mafia du «trabendo» Depuis l'indépendance, le fossé n'a jamais été aussi abyssal entre les couches défavorisées et les franges aisées de la société, véritables castes constituées grâce aux milliards du marché informel et à ceux de la mamelle du pétrole. Au-dessus de la fange, de la gabegie, de la corruption et du népotisme brille désormais le luxe d'une classe de profiteurs. Aujourd'hui, l'Algérie présente le visage d'un pays à la merci de féodalités locales organisées dans des filières financièrement juteuses. L'exemple des «hallaba» dans le secteur des carburants, dont les capacités de nuisance dépassent les frontières, est particulièrement éloquent. Ces trabendistes notoires sont d'une part la manifestation concrète de l'affaissement de l'Etat face à la mafia du marché noir. D'autre part, ils sont un danger public vis-à-vis de la population puisqu'ils exposent les citoyens à des conséquences gravissimes. En effet, les «hallaba» revendent, au vu et au su de tout le monde, des produits inflammables en violation des garanties élémentaires de sécurité et, de ce fait, leurs locaux impropres au stockage sont de véritables bombes à retardement. Le flot de la colère et de l'amertume est grandissant dans la société. Tandis que l'enrichissement de minorités sociales est fulgurant, les jeunes dans leur majorité restent confrontés au chômage. Faute de pouvoir s'inscrire dans un projet professionnel, ces derniers ont recours à différents expédients pour survivre ou bien carrément basculent dans la drogue et la prostitution. A ce jour, le terrorisme islamiste n'a pas baissé les bras puisqu'il continue de semer la mort parmi les citoyens et les représentants de la puissance publique. Notons, juste à titre, l'exemple de l'attaque au hebheb de la gendarmerie de Bordj Bou Arréridj, sans parler des actes terroristes dans toutes les régions du pays et de la découverte d'un arsenal de guerre à la frontière algéro-libyenne. L'Algérie, affaiblie et dépendante, est livrée pieds et poings liés aux puissances occidentales et à celles du Moyen-Orient, l'Arabie Saoudite et le Qatar notamment. Plus encore, c'est un pays humilié par ceux qui tentent de l'asservir. 3 - Sortir du piège des élections   Le tableau général de l'Algérie est sombre, mais il nous paraît de plus en plus évident qu'il ne sert à rien de s'y attarder. Le citoyen en subit largement les effets dévastateurs et sait de quoi il en retourne. L'heure est à l'action et à la dynamique unitaire de tous les patriotes, républicains et démocrates, où qu'ils se trouvent, car l'Algérie est dans l'ombre menaçante de visées extérieures. Les élections que le pouvoir propose sont un piège qui se refermera toujours sur ceux qui tenteront de s'y engouffrer. Tous ceux qui se sont installés autour de la mangeoire de la rente en appellent bien évidemment au maintien du système, mais l'Algérie a besoin aujourd'hui de ruptures. Notre pays ne doit pas changer de peau seulement, il a besoin de transformation jusqu'aux entrailles. Une grande responsabilité nous incombe : tirer de l'anarchie l'Etat déliquescent pour le mettre sur les rails et lui donner un contenu radicalement nouveau, au service d'un projet de société moderne. Mais jusqu'à quand accepter un système qui n'est comptable ni de ses faits ni de ses gestes ? Il est grand temps qu'il parte !   L'histoire a des lois inéluctables : elle nous interdit certes de nous prononcer sur le futur et d'anticiper les lignes de fracture, mais tous les indicateurs montrent que l'Algérie ira de plus en plus mal. Ceux qui ont cru que le système actuel était passager et que son pouvoir actuel un simple épisode doivent se raviser. 4- Aller en rangs serrés vers une transition républicaine et démocratique   Les difficultés à surmonter sont si grandes que l'union des forces démocratiques est incontournable. Elle nous est imposée aussi par la nature des tâches à accomplir. Les démocrates ne peuvent pas rester dispersés et isolés. Il nous incombe plus que jamais d'être résolument unis pour nous hisser à la hauteur des enjeux. N'écoutons pas les sirènes électorales, appelons les patriotes, les républicains, les démocrates, les acteurs progressistes de la société à dénoncer toute tenue d'élection prochaine et à se mobiliser pour créer les conditions d'un passage pacifique vers une transition républicaine et démocratique. Aller à l'élection présidentielle aujourd'hui, comme le proposent les initiateurs du rassemblement du 1er Novembre, c'est accepter de subir encore une fois les fourches caudines du système, c'est lui accorder un nouveau sursis et lui signer un nouveau chèque en blanc ! C'est le sauver une nouvelle fois pour qu'il perdure ! C'est aussi accélérer les risques d'explosion de la rue. Nous n'en voulons pas ! Qui pourrait présager de la réaction d'un peuple auquel on a mis le bâillon depuis plus de 50 ans ? Tirons les leçons du Printemps arabe pour saisir toute la gravité du contexte. On peut avoir des doutes sur la possibilité du changement compte tenu des retards accumulés dans les consciences, mais comme Novembre nous l'a enseigné, l'Algérie est une force qui ne se dévoile dans toute sa puissance qu'à l'heure du plus grand danger. La marche vers une République laïque, démocratique et sociale n'est possible que si l'on coule dans le marbre le principe inaliénable de l'union, car sans l'unité des forces démocratiques, aucun espoir de renouveau n'est possible. C'est la raison pour laquelle nous appelons tous les démocrates qui veulent un changement et une transition pacifique à se rassembler pour contrecarrer les man½uvres de l'implosion de l'Algérie et à débattre ensemble des possibilités de sortie de crise. Le bureau national du PLDAlger, le 1er novembre 2013  

El Watan

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